«La grande famille souverainiste est réunie! », a déclaré Pierre Paquette, président de l’association locale du Bloc Québécois. Quelque 70 personnes étaient au rendez-vous le 29 avril à la cabane à sucre Jean Parent à Saint-Ambroise, dans le but premier de participer à l’assemblée générale annuelle du parti. Du BQ, outre M. Paquette, le président Daniel Paillé s’est joint à l’assistance.
Selon Pierre Paquette la rencontre portait, entre autres, sur la consolidation de l’organisation et des finances en vue des élections fédérales prévues pour octobre 2015. À ce propos, l’ex-député assure que la situation est positive. La promotion de la souveraineté fait également partie des démarches du BQ qui soutient largement cet idéal, de pair avec la lancée des États généraux, démarche non partisane et populaire présidée par Gérald Larose, et dont la tournée provinciale s’arrêtera à Joliette en juin prochain.
«Stephen Harper aide la cause souverainiste en mettant l’accent sur la dynamique interprovinciale qui diverge des valeurs du Québec», mentionne M. Paquette, spécifiant son accord avec les propos de Michael Ignatieff et de Justin Trudeau sur ce débat : «Ils démontrent que la souveraineté est inéluctable.» Daniel Paillé renchérit : «Ignatieff a fait deux tournées majeures au Canada, soit en 2009 et 2010. Il a donc une grande connaissance de la réalité du Canada contemporain. La souveraineté du Québec est souhaitable, elle va arriver…Même les Canadiens Anglais le disent. Il y a un schisme national.»
Pour ces deux «mentors» du BQ, la «vague orange» de mai 2011 était le résultat d’un vote émotif. «Les Québécois verront que Thomas Mulcair est l’antithèse de Jack Layton, qu’il n’attise pas la sympathie et est trop fédéraliste. Mulcair s’est d’ailleurs porté contre la déclaration de Michael Ignatieff sur la souveraineté», souligne M. Paquette. «Les gens sont tombés amoureux de Jack! La bataille du Bloc n’est pas tant contre Mulcair, Rae ou Harper, mais bien contre le système fédéraliste», spécifie M. Paillé.
Quand Harper construit «son» pays…
Selon Pierre Paquette, le gouvernement Harper risque de nuire aux Lanaudois, par exemple par la fragilisation du système de gestion de l’offre pour le secteur agroalimentaire : «Environ 40 % des producteurs locaux sont protégés par ce système, et l’accord de libre-échange avec l’Union européenne n’assure plus cette protection. C’est inquiétant. » Le système, en cours principalement au Québec et en Ontario, permet aux producteurs de lait, volailles et œufs d’ajuster leur production pour protéger leurs revenus.
De plus, l’entente entre Xplornet, une compagnie privée du Nouveau-Brunswick, et le gouvernement fédéral pour fournir Internet dans 85 % des zones rurales sème le doute pour M. Paquette, qui souligne, par ailleurs, que «la plupart des fournisseurs locaux estiment que Xplornet ne pourra pas desservir la région, particulièrement le nord de Lanaudière.»
«Stephen Harper est en train de construire son propre pays, en ne décidant qu’en fonction du Canada, en favorisant l’Ouest. Ça créé deux pays : un qui se fait, et l’autre qui est à faire. On doit rêver d’un Québec aux Nations Unies, et c’est pour ça que le Bloc existe», conclut Daniel Paillé.

