Nadia Rousseau (professeure spécialiste des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Trois-Rivières) et Sylvie Anctil (directrice générale adjointe à la commission scolaire des Samares) l'ont précisé, le mardi 7 février, lors de la deuxième rencontre d'une tournée sur la persévérance scolaire lancée par le député André Villeneuve.
Unité
L'importance de sensibiliser le personnel scolaire et la communauté à la réalité des élèves faisant face à des défis importants et favoriser l'obtention d'un premier diplôme chez cette catégorie d'élèves (difficultés d'apprentissage) par un accompagnement aux changements dans le contexte scolaire sont deux aspects mis en lumière par Mme Rousseau.
«Plus on se sent bien, plus on persévère», a-t-elle affirmé. «Plus on est vulnérable, plus on se sent visé», a-t-elle déclaré, un peu plus tard.
Une expérience positive à l'école est souvent rattachée à une personne de l'environnement scolaire qui voit au-delà des difficultés qu'éprouve un élève. Également, l'expérience à l'école vient colorer l'aspect personnel à l'âge adulte.
Elle a renchéri en disant qu'il faut miser sur ce que l'élève peut faire et non sur ce qui n'est pas dans ses cordes. Un parent, par exemple, ne doit pas enlever à l'étudiant un élément dans lequel il possède des forces afin qu'il se concentre sur un sujet où il vit des faiblesses. Agir ainsi est démotivant.
Par ailleurs, Mme Rousseau a insisté sur le fait qu'un élève qui éprouve des difficultés demeure quand même persévérant, même si cela ne se traduit pas par un diplôme. Il peut changer à quelques reprises de milieu scolaire parce qu'il cherche celui où il se sent bien pour progresser. Certains obtiennent ainsi leur diplôme d'études secondaires à l'âge de 21 ou 22 ans.
Sylvie Anctil a évoqué que 75% des écoles primaires et 90% des écoles secondaires de la commission scolaire Des Samares prennent place en milieu défavorisé. Elle a souligné que des actions visant la persévérance scolaire ont porté fruit puisque les plus récentes statistiques (2009-2010) laissent voir un taux de décrochage de 30,3%, alors qu'il était de 38% en 2007-2008.
Elle favorise une intervention dès le primaire pour que les élèves arrivent au secondaire avec «un coffre à outils bien développé». Elle ne croit pas à l'efficacité du redoublement. «Faire un peu plus de la même affaire ne donne absolument rien», a-t-elle dit.
Elle aussi a parlé de l'utilité d'un accompagnement rapproché pour les élèves à risque de décrocher.
Dans son plan d'action, la CS vise un taux de diplômation de 65% en 2015 alors que le ministère de l'Éducation lui fixe une cible de 69% pour 2020. Mme Anctil croit qu'il est possible d'atteindre cet objectif ambitieux.
