Le 22 novembre 2011, Alain Prud’homme, opérateur de chargeuse à l’emploi de l’entreprise Asphalte Générale de Village Saint-Pierre, perd la vie lorsqu’il effectue des travaux de réparation dans la chambre à combustion d’une fournaise servant au chauffage de l’asphalte. Parmi les causes à l’origine de l’accident, la CSST identifie, entre autres, une déficience dans la planification et la supervision du travail en espace clos.
La CSST rend publiques aujourd’hui les conclusions de son enquête et rappelle aux employeurs l’importance de planifier et de superviser tout travail en espace clos.
Rappel des événementsAu moment de l’accident, M. Prud’homme effectue, à l’aide d’une soudeuse à l’arc, la réparation de deux fissures au fond de la chambre à combustion de la fournaise. Afin d’éliminer toute trace de contamination et d’assurer une meilleure réparation, le travailleur utilise un nettoyant pour freins. Soudainement, lors du soudage, des vapeurs du nettoyant s’enflamment. Une forte explosion s’ensuit et provoque la déformation de la chambre, écrasant mortellement le travailleur dans la zone où il exécute les réparations. L’enquête a permis à la CSST d’identifier trois causes pour expliquer cet accident, notamment en lien avec la planification et la supervision du travail en espace clos. Tout d’abord, l’allumage d’un nettoyant pour freins, introduit dans l’espace confiné, a provoqué une explosion entraînant l’écrasement de la chambre sur le travailleur ainsi qu’un incendie. Également, le travailleur était exposé à des risques d’explosion et d’incendie lors du travail à chaud. En effet, lors du soudage, le travailleur était seul dans un espace clos et confiné, en présence de vapeurs inflammables et sans aucune mesure de contrôle de feu et d’explosion. Finalement, plusieurs lacunes dans l’évaluation de l’origine du problème des fuites d’huile thermique ont entraîné leur réapparition et une aggravation des conditions dangereuses lors des travaux.
La CSST exige une procédure pour le travail en espace closÀ la suite de l'accident, la CSST a interdit tout travail sur la fournaise en cause dans l’accident. Afin de prévenir la répétition d’un accident du même genre, la CSST a exigé de l’employeur qu’il mette en place des moyens pour identifier, contrôler et éliminer les risques lors du travail en espace clos. La CSST considère que l’employeur, Asphalte Générale, a agi de manière à compromettre la santé et la sécurité des travailleurs. Par conséquent, un constat d'infraction lui a été délivré. Pour ce type d'infraction, l'amende peut varier de 15 000 $ à 60 000 $ pour une première offense et de 30 000 $ à 150 000 $ s'il s'agit d'une récidive. Le rapport d’enquête de l’accident est également disponible dans le site Web de la CSST : www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003922.pdf (A.M.D.)

