Par Mélissa Gagnon, agronome
Dame nature fait des siennes!
Le printemps frais et pluvieux a retardé plusieurs semis et plantations. Les premiers transplants mis en terre pouvaient être étiolés, car ils avaient parfois dû patienter quelques jours dans les plateaux multicellulaires. La mauvaise levée des semis de plusieurs champs a nécessité de semer à nouveau la culture (ex. : carotte, betterave, rutabaga). Le phénomène observé était souvent le même : les semences avaient réussi à gonfler grâce à l’humidité du sol, mais la sécheresse subséquente causait leur dessèchement et la mort du germe qui essayait d’émerger du sol. Les épisodes de pluie ont été très variables d’un secteur à l’autre cet été. Dans certains cas, les quantités d’eau tombées ont été telles qu’on observait la mort de plants dû à l’asphyxie racinaire tandis qu’ailleurs, les systèmes d’irrigation étaient en fonction. L’automne, avec ses conditions clémentes, a permis aux productions destinées à l’entreposage (chou, carotte, rutabaga) d’atteindre de bons calibres. Reste à savoir comment elles se conserveront!
Les insectes et les maladies s’adaptent et modifient leur comportement!
La cécidomyie du chou-fleur a frappé fort dans un plus grand nombre de sites cette saison, affectant autant les crucifères produites sous régie conventionnelle que celles sous régie biologique. Cependant, à certains endroits où les populations étaient importantes par le passé, très peu de cécidomyies du chou-fleur ont été capturées avec les pièges à phéromone spécifiques à cet insecte. Sur notre territoire cette année, la première cécidomyie du chou-fleur a été capturée le 2 juin et la dernière l’a été le 28 octobre. Cette capture est dans les plus tardives que nous ayons faites depuis que nous faisons le piégeage de cet insecte. Tout au long de la saison, la présence d’altises adultes était observée. On était toutefois loin de se douter que leur progéniture (larves) ferait tant de dommages dans des champs de rutabagas en septembre, au point où certains ont été détruits plutôt que récoltés. Les adultes et les larves de chrysomèles rayées du concombre (CRC) ont aussi été présents et ils ont tous deux endommagé les cucurbitacées. On a noté la présence de flétrissement bactérien (transmis par la CRC) très tôt en début de saison sur les plants ainsi que sur les fruits en fin de saison. Les maladies de sol, souvent causées par des champignons (rhizoctonia, pythium, fusarium, sclerotinia, etc.) qui apprécient les taux d’humidité plus élevés pour se développer, ont affecté plusieurs cultures maraîchères, et ce, tout au long de la saison. Pour avoir plus de détails sur ce qui s’est passé en 2011 et mieux se préparer à 2012, je vous invite à participer à la Journée maraîchère et fruitière, le 25 janvier prochain au Golf de Joliette. Lors de cette journée, nous aborderons également le sujet des changements climatiques, car il est possible qu’ils soient en partie responsables des problèmes rencontrés en 2011…
