Pourtant, il fut une époque où les États-Unis comptaient plus d’exploitations que le Québec. Eh bien, conservons jalousement notre avance, car malgré notre position privilégiée, notre voisin du Sud, très réputé pour son sens des affaires, tend à rogner dans nos parts de marché à la hauteur de 4 % pour les 5 dernières années. Il prétend même posséder un potentiel de 2 milliards d’entailles contre seulement 60 millions pour le Québec.
C’est ce qu’on apprenait le 12 janvier dernier en assistant à la conférence que donnait monsieur Hervé Herry, agent de recherche et de planification socio-économique au MAPAQ dans le cadre de la journée acéricole donnée à la Cabane à sucre Constantin de Saint-Eustache. Cet événement organisé annuellement par le MAPAQ et le Club Acéricole des Pays d’en Haut dessert les régions des Laurentides et de Lanaudière afin de faire le point sur les sujets de l’heure en matière d’acériculture.
Malgré certains chiffres qui peuvent faire paniquer, il faut mettre en relief que le Québec est confortable dans sa position de leader mondial des produits de l’érable. Nos forces résident entre autres dans le contexte climatique, les avancées technologiques et l’organisation des marchés. Ce dernier élément qui implique un système de quotas n’est pas sans exiger des sacrifices aux producteurs qui doivent supporter un stockage de sirop. Cependant, il est bon de constater que cette réserve stratégique nous a mis à l’abri des fluctuations de marché et des saisons ce qui a assuré un maintien du prix au cours des 10 dernières années.
L’évolution technologique permet à l’industrie acéricole de développer un produit fin qui, à l’exemple du vin, possède des caractéristiques liées aux terroirs, à la compétence de la personne qui contrôle la qualité du produit, à la période de coulée, etc. La journée acéricole nous a donc offert un survol des instruments de mesure sophistiqués tels les réfractomètres, colorimètres et autres hydromètres qui sont appelés à remplacer le « pif du bouilleur » assurant ainsi une constance dans la qualité et une économie d’énergie. Et la recherche continue, le Centre Acer nous a présenté les résultats d’une étude sur l’influence d’un haut taux de concentration par osmose inverse sur le goût du sirop.
On a aussi appris que l’Institut International du Sirop d’Érable (IISÉ) propose un système unique de classement pour les deux pays producteurs qui sera mis en force en 2013. Il y aura la Catégorie A qui se subdivise en 4 couleurs selon leur degré de transmission de lumière. Les sirops comportant des odeurs et/ou saveurs indésirables seront classés « Catégorie transformation » laquelle ne pourra pas être vendu sur le marché de détail.
Plusieurs représentants des fournisseurs en équipement acéricole étaient présents et nous exposaient leurs nouveautés. Le thème de la journée « L’Acériculture ça bouille! » illustrait donc toute l’énergie et le dynamisme mis en action par l’industrie pour faire évoluer ce produit agricole unique, un fleuron du Québec.
N.B. Un DVD sur les instruments de mesure est disponible au Centre de Service du MAPAQ de l’Assomption et la plupart des conférences seront bientôt accessibles sur le site internet du MAPAQ.
