C'est ce qu'a décidé cette semaine la Commission d'examen des troubles mentaux. Au cours des six prochains mois, l'ex-cardiologue va pouvoir sortir graduellement de l'Institut Pinel, d'abord pour quelques heures en étant accompagné, puis sans accompagnement pour des périodes prolongées.
Si la Commission n'avait pas le pouvoir de revoir le verdict prononcé le 5 juillet 2011 par les 12 jurés au procès Turcotte, elle aurait néanmoins pu éviter de le remettre prématurément en liberté. Or, elle ne l'a pas fait. Et ce, bien qu'elle estime dans son jugement que « l'accusé représente un risque important de poser des gestes de nature criminelle mettant sérieusement en danger la sécurité physique ou psychologique d'autrui ». Demandez à Isabelle Gaston, la maman d'Anne-Sophie et Olivier, ce qu'elle pense de cette décision...
Parce qu'au terme de ces six mois de liberté surveillée, Turcotte devra être réévalué. Et s'il passe le test, il pourrait bien retrouver à ce moment sa pleine liberté, retourner à la pratique de la médecine et même fonder une nouvelle famille. Tout ça, moins d'un an et demi après être entré à Pinel. Mais qu'arrivera-t-il lorsque quelqu'un l'invectivera au beau milieu de la rue? Lorsqu'il sera soumis à un stress extrême encore plus grand que celui qui l'a poussé à poignarder ses propres enfants? Tôt ou tard, ce moment viendra, et on ne sait toujours pas comment il réagira. Sommes-nous prêts à prendre un tel risque pour la société?
Cette décision s'ajoute à une sentence qu'une forte majorité de la population jugeait déjà trop clémente par rapport aux crimes qu'il a commis en 2009. Tout est une question de perception, et le message que la Commission d'examen des troubles mentaux a envoyé cette semaine n'est tout simplement pas le bon.
Alors qu'on s'apprête à faire extrader puis juger celui qu'on a surnommé le « dépeceur », Luka Rocco Magnotta, arrêté cette semaine à Berlin au terme d'une chasse à l'homme planétaire, le Québec doit se questionner sur son système de justice et surtout, sur le message que celui-ci doit envoyer. Veut-on prévenir par la dissuasion des crimes sordides comme ceux commis par Turcotte et Magnotta, ou veut-on simplement réparer les pots cassés après coup, une fois qu'il est trop tard?
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