Prétendant qu'ils sont des colocataires et que leur situation n'a pas changé depuis qu'ils vivent sous le même toit, ils font des pieds et des mains pour se sortir de ce guêpier. Ils tiennent à tout prix à rencontrer la ministre Julie Boulet (Emploi et Solidarité sociale) pour expliquer leur cas et en arriver à une entente.
Situation
Mme Bertrand reçoit des prestations depuis 2004. M. Gendron est dans cette situation depuis 1993. Ils sont tous deux dans la soixantaine.
S'étant fréquentés durant huit ans (1982-90), ils ont ensuite eu des chemins de vie différents jusqu'en 1993. C'est à ce moment qu'ils ont convenu de devenir colocataires. M. Gendron parle de ce geste comme d'une question d'entraide.
Arrivant de Montréal-Nord, ils ont habité un certain temps à Berthierville. Ils sont des citoyens de Saint-Cléophas depuis le mois de janvier 2011.
Au fil des ans, Québec a mené cinq enquêtes à leur sujet. Dans les quatre premiers cas, on a jugé qu'ils étaient colocataires. La cinquième (décembre 2010) en est arrivée à une conclusion différente. En les catégorisant conjoints, on leur réclame une somme importante depuis le mois de mars 2011. La créance se chiffrait à 74,939$ au 21 juillet dernier.
«D'une journée à l'autre se retrouver avec une dette de 75,000$, il y a quelque chose qui ne marche pas là-dedans», mentionne Mme Bertrand.
À notre demande d'expliquer le changement de fusil d'épaule du ministère, Lise Paquet, responsable des communications pour la direction régionale du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, n'a pu nous fournir aucun détail, ni même confirmé que la femme et l'homme sont des prestataires de la Sécurité du revenu. Cela dans le respect de la Loi d'accès à l'information et la protection des renseignements personnels.
Mme Bertrand et M. Gendron ont frappé à diverses portes pour tenter de s'en sortir. Mais celle de Mme Boulet leur est demeurée fermée. Une avocate de l'aide juridique les représente dans leur dossier.
«On n'est pas dans l'erreur. On a toujours dit la vérité. Je considère que c'est du harcèlement», martèle Mme Bertrand.
«Personne ne veut nous aider. Moi, je suis tannée. Je veux rencontrer Mme Boulet», réitère-t-elle. «Ça fait un an et demi qu'on souffre le martyr, qu'on ne lâche pas», mentionne-t-elle aussi.
Ils doivent sous peu s'adresser au Tribunal administratif du Québec afin de tenter de renverser la vapeur.

