Les chiffres sont éloquents. Au Québec, 60% des entrepreneurs de 55 à 64 ans n'ont aucun plan de relève pour permettre à leur entreprise de survivre à leur retraite. Chez les entreprises familiales, seuls 33% d'entre elles survivent à la première génération et 2/5 des PME n'ont pas de plan de relève.
Avec la population québécoise vieillissante, le problème pourrait avoir des effets désastreux sur l'économie.
Préparer le terrain
«Pour permettre une bonne transition, les entrepreneurs doivent rendre leurs finances intéressantes avant de céder l'entreprise», prévient le directeur général du CLD Matawinie, Jean-François Hénault.
De même, il est suggéré de prévoir cinq ans avant la passation pour mettre des surplus de côté afin de rendre la transition plus aisée pour le nouvel acquéreur. Aussi, dans l'idéal, le cédant devrait s'attendre à travailler au moins trois ans dans l'entreprise pour que tous les savoirs soient correctement transmis. «En ce moment, les cédants quittent dans les six mois», déplore M. Hénault.
«Souvent, ce sont des personnes qui ont mené le projet à bout de bras toute leur vie, parfois au détriment de leur santé ou de leur famille. Alors, parfois, ils ont de la difficulté à assumer que quelqu'un d'autre tienne les rênes», poursuit M. Hénault.
Il convient donc de songer à un plan de relève, et ce, «dès la cinquantaine». M. Hénault cite le cas d'un entrepreneur atteint d'un cancer mourant une année suivant son diagnostic: «un cas atroce». Les finances s'en trouvent affectées, puisqu'elles ne sont pas nécessairement prêtes à être passées. Le savoir ne se transmet pas, et tout l'organigramme de l'entreprise est à refaire.
De plus en plus populaire
Aujourd'hui, les CLD travaillent de plus en plus à attirer les jeunes de 25 à 30 ans dans de projets de relève entrepreneuriale. «C'est beaucoup plus facile de reprendre une entreprise existante, qui a déjà sa clientèle et son budget, que d'en partir une toute neuve», explique M. Hénault.
M. Goyet remarque pour sa part que «les investisseurs dans la quarantaine sont de plus en plus nombreux à venir nous voir pour des projets de relève. Souvent, dit-il, ce sont des gestionnaires qui ont atteint une certaine maturité et qui comprennent l'avantage de reprendre en main plutôt que de réinventer la roue.»
Mais quels domaines veulent-ils, ces investisseurs. «Pour ces personnes, le domaine a peu d'importance; ils ont du flair pour ''la bonne affaire''».

