« — Ce que l’on fait dans sa vie résonne dans l’Éternité. » (Russell Crowe, Maximus, général des armées de César.)
« — Assez de politique. Faisons semblant que toi tu es une fille aimante, et moi un bon père… — Cela relève de l’imaginaire, n’est-ce pas ? » (Richard Harris, César, et Connie Nielsen, Lucila. César a failli lui révéler qu’il ne nommerait pas son fils comme successeur, remettant plutôt le pouvoir au Sénat — prêtez attention à l’hésitation de Harris, si vous voyez le film.)
« — Va les retrouver… » (Nielsen, à Crowe, totalement dévoué à César, et qui attend la « permission » de Nielsen pour mourir, dans le sable du Colisée, afin d’aller retrouver sa femme et son fils, assassinés par la Garde Prétorienne, sur l’ordre du César visqueux et incestueux incarné par Joaquin Phœnix, Commode, qui a tué son propre père, Harris — ouf…, maintenant on est dans Shakespeare, avez-vous lu Hamlet au fait, c’est un peu long mais c’est très bon.)
« — Soldat ! J’ai dit d’avancer les catapultes ; elles sont hors de portée. — La portée est bonne. — Le danger pour la cavalerie est… — … est acceptable, d’accord ? » (Thomas Arana, Capus, lieutenant des armées, à Crowe.)
« — Les hommes devraient savoir quand ils sont vaincus… — Le saurais-tu Capus? Le saurais-je ? (Arana et Crowe.)
« — Tes fautes, de fils… sont mes erreurs, de père… — J’aurais massacré le monde entier, si seulement tu m’avais aimé. » (Harris, à genoux devant son fils, Phoenix, qui s’apprête à l’étrangler pour lui succéder.)
« — Le véritable pouvoir de Rome n’est pas dans le marbre du sénat, il est dans le sable du Colisée. » (Derek Jacobi, sénateur Gracchus.) Tous les politiciens, les animateurs, les chroniqueurs savent ça, et plusieurs en abusent.
« — Je te donne le pouvoir dans un seul but : le rendre au peuple de Rome et mettre fin à la corruption qui la ronge. Acceptes-tu ce grand honneur que je te fais ? — De tout mon cœur, non. — Maximus… C'est pourquoi il faut que ce soit… toi. » (Harris et Crowe.) C’est le genre de chef de parti qu’il nous faut. Mais ça exige une nation qui se tient debout.
Voilà. Cette semaine, suggérer par un film qu’on doit arrêter de se défiler, de se poser comme victime, de se dire que ce qui arrive est toujours la faute de l’autre, le gouvernement, le boss, le voisin, le passé. C’est notre liberté individuelle qui est en jeu. Être responsable, et l’assumer. Je suis libre, je paie chaque jour le prix de cette liberté, et vous pouvez miser votre maison là-dessus : personne, jamais, ne m’achètera. (Je vous invite tous, d’ailleurs, à dire pacifiquement ce que vous avez à dire. Nous avons besoin de votre vision singulière du monde, elle est précieuse.)
J’espère aussi que ces quelques phrases rassureront ce lecteur affable qui craignait pour moi, se demandant s’il était possible que je me transforme en pute parce que j’occupe cette petite tribune. Eh bien non, monsieur : impossible. Si je sens quelque risque en ce sens, je la quitterai. « — Force et honneur » (Maximus).
jeanpierregirard.com

