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Plus de privé, moins d’accessibilité

médecins

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Louis Cornellier
Publié le 21 Septembre 2011
Publié le 19 Septembre 2011
Louis Cornellier  RSS Feed
L'Action

Les cliniques médicales totalement privées, c’est-à-dire désaffiliées de la Régie d’assurance maladie du Québec, sont-elles en train de devenir une tendance dans Lanaudière? Ma collègue Geneviève Blais, qui suit ce dossier de près pour L’Action, annonçait récemment l’ouverture de deux nouvelles cliniques du genre. La clinique Accès-MD sera dirigée par Alexandre Mayers et la clinique MD-Plus sera l’affaire des docteurs Alain Chamoun et Michel Therrien. Ces trois médecins sont d’ex-urgentologues du CHRDL.

Sujets :
CLSC , Chertsey , Québec

Pour ceux qui croient à la justice sociale et au droit à la santé pour tous, sans considération du revenu, ces nouvelles ne sont pas réjouissantes. Les partisans de la médecine privatisée diront sûrement que ces initiatives sont salutaires en ce qu’elles ne nuisent à personne et contribuent à l’accessibilité aux soins de santé en ajoutant à l’offre de services, mais ils auront tort. Les plus riches d’entre nous en bénéficieront peut-être, mais les autres perdront au change.

Les citoyens de Chertsey en savent déjà quelque chose. Dans L’Action du 31 août dernier, Geneviève Blais rapportait que le CLSC de l’endroit ne pourrait plus offrir de consultations médicales sans rendez-vous puisque le médecin qui assurait ce service se dirige vers la pratique privée. Cette situation est totalement inacceptable. Les citoyens de cette municipalité paient des taxes et impôts qui ont servi, notamment, à former des médecins. Ils ont droit à ce service public, mais, parce qu’un médecin a décidé de se tourner vers le privé, ils n’y auront plus accès.

La thèse selon laquelle le privé contribuerait au désengorgement du système public doit aussi être rejetée. Pour qu’elle soit vraie, il faudrait que des patients délaissent le public pour le privé, mais que la quantité de médecins qui pratiquent dans le public reste inchangée. Or, les médecins quittent aussi le public pour aller vers le privé! Il n’y a, par conséquent, aucun désengorgement. Le seul changement est que, dorénavant, les patients les plus riches peuvent passer avant les autres, même s’ils sont moins malades. D’un point de vue éthique, c’est un scandale.

On peut même présumer que la tendance vers la médecine privée augmentera l’engorgement dans le public. Les cabinets purement privés, en effet, font leurs frais en offrant notamment des services non prioritaires à des gens financièrement à l’aise et en santé. Pour attirer la clientèle, ils proposent par exemple des bilans de santé annuels à leurs abonnés. Or, selon le médecin Marc Zaffran, qui signe une excellente chronique dans le magazine Protégez-vous, ces bilans de santé ne servent à rien dans l’immense majorité des cas. Ainsi, pendant que les médecins privatisés perdent leur temps à rassurer des personnes riches et en santé sur leur état, ils ne soignent pas les vrais malades qui poireautent dans le public, après avoir payé pour former des médecins.

Certains fatalistes diront peut-être qu’on vit dans un pays libre et qu’on ne peut pas empêcher les médecins qui le souhaitent de se désaffilier. Cet argument ne vaut pas cher. La profession médicale n’est pas une profession comme les autres. Les médecins font un travail indispensable et sont payés cher. Le gouvernement, pour pouvoir assumer ces coûts, doit imposer un contingentement à l’entrée dans la profession. Or, ce contingentement est fixé en fonction des besoins de la population. On forme environ 800 nouveaux médecins par année parce qu’on évalue que cela correspond au besoin collectif.

Dans ces conditions, chaque médecin qui quitte le public vers le privé (ou pour aller pratiquer ailleurs qu’au Québec) détraque le système. Au lieu de rencontrer 40 malades par jour dans le public, par exemple, il fait passer 15 bilans de santé à des privilégiés. La liberté du marché, dans ce domaine, est donc une pure aberration.

Le gouvernement du Québec, c’est une évidence, n’aura pas le courage d’interdire cette pratique éthiquement inacceptable. Il devrait au moins imposer à ceux qui choisissent de passer au privé le remboursement des coûts de leur formation, assumés par les citoyens. Pour se renflouer, les médecins privatisés n’auront qu’à faire casquer leurs riches clients qui refusent de faire la file.

louisco@sympatico.ca

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Jean Frenette
    - 26 Septembre 2011 à 17:06:32

    Je me suis toujours dit que s'il y a des gens qui veulent envoyer leur argent par la fenêtre, bien aise à eux.Pensez-vous que ces ,médecins de la pratique privé sont meilleurs que ceux du public, j'en doute sérieusement, n'importe lequel médecin peut déceler un cancer, un diabète, une haute pression etc, mais j'en conviens on peut avoir un rendez-vous plus vite mais qu'à cela ne tienne. Je regarde ce que cela nous coûte le système de santé, tout près de la moitié de nos taxes vont à ce système et je vois arriver un système parallèle qui nous coûte un surplus, très peu pour moi.

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  • Nom de l\'usager
    Alexandre Mayers
    - 22 Septembre 2011 à 17:15:45

    La médecine privée : qu’avez-vous perdu? Il m’apparaît important, voire essentiel, de rétablir certains faits; Tout d’abord, quelques grandes lignes sur ma carrière de médecin. Ces 11 dernières années , j’ai travaillé pendant trois ans sur la Côte-Nord comme urgentologue au Centre Régional de Baie-Comeau, fait des gardes de 24 h en CLSC à Port-Cartier, aux Escoumins et à Forestville. Par la suite, j’ai œuvré à temps plein durant huit ans à l’urgence du CHRDL en plus de faire du bureau et du sans-rendez-vous à Lavaltrie près de deux ans. J’ai été chef du département de l’urgence, fais partie du comité exécutif du CMDP jusqu’à mon départ en juin 2011. J’ai travaillé avec l’administration à l’implantation de la nouvelle urgence, de son système informatique, de la création de diverses unités de débordement pour l’urgence ainsi qu’à la création d’un poste de coordonnateur à l’urgence. Après 11 ans dans le réseau public et avec la certitude que ce système ne va nulle part, j’ai décidé d’offrir du pouvoir aux gens. Le pouvoir de se choisir un médecin et d’avoir un rendez-vous lorsqu’ils en ont besoin. La clinique Accès MD est une clinique de Joliette pour les gens de Joliette. En plus d’offrir une prise en charge à mes patients, je dépanne ceux des autres en urgence mineure, j’offre des infiltrations, je répare des plaies ainsi que plusieurs autres gestes techniques. De plus, je me déplace à tous les mois dans deux résidences de personnes âgées laissées sans médecin. Mes patients sont pour la majorité des oubliés et non des privilégiés. Des patients qui sont incapables de voir un médecin lorsqu’ils en ont besoin. Mes patients sont bouchers, travailleurs chez Wal-Mart, comptables, enseignants, retraités et deux, pour l’instant, sont sur la sécurité du revenu. Alors je me demande vraiment ce que la région a perdu avec mon départ au privé… N.B. Le médecin qui a quitté le CLSC de Chertsey n’est en aucun cas désaffilié de la RAMQ.

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  • Nom de l\'usager
    Louis Bolduc
    - 22 Septembre 2011 à 07:04:26

    Analyse superficielle, simpliste, biaisée et farcie de clichés.

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  • Nom de l\'usager
    Jean-François Piché
    - 22 Septembre 2011 à 06:42:18

    Bonjour M. Cornellier, Je ne puis qu'être en accord avec vos propos. Mon médecin traitant m'a référé en dermatologie pour une dermatite au front. Un problème bénin, mais mon médecin voulait s'assurer qu'il n'y avait pas de problèmes majeurs. Il m'a remis une liste de cliniques de dermatologie dans la grande région de Montréal. Pour obtenir un rendez-vous, j'ai du faire de nombreux appels (plus d'une vingtaine, avant d'entendre, enfin, que la clinique acceptait de nouveaux patients. Plusieurs cliniques m'ont mentionné qu'ils n'acceptaient plus aucun nouveau patient. Ici, on est en présence du problème d'engorgement en raison d'un manque de spécialiste pour couvrir les besoins de soins de santé de la population. Mais ce qui m'a choqué davantage, c'est d'entendre, sur des boîtes vocales de certaines cliniques, un message à l'effet que la clinique n'acceptait plus aucune consultation avec la carte d'assurance maladie et surtout, que la clinique n'offrait dorénavant que des soins esthétiques! Lire ici tous les soins qui permettent d'éliminer les rides, de se refaire une beauté du visage, etc. Ces médecins ont pourtant été formés par nos taxes et impôts et n'offrent plus aucun soin de santé aux patients ! Ainsi, pendant que des patients sont aux prises avec des cancers de la peau et attendent plus de 3 mois avant d'avoir une consultation chez un dermatologue, d'autres obtiennent un rendez-vous en moins d'une semaine pour effacer des rides ! C'est effectivement scandaleux. Le gouvernement devrait interdire de telles pratiques. Mais, comme vous dites, ce n'est pas le gouvernement actuel qui aura ce courage. Malheureusement. Jean-François Piché

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  • Nom de l\'usager
    Hubert Coté
    - 21 Septembre 2011 à 14:49:54

    J'aimerais bien comprendre pourquoi un médecin qui travaille au privé rencontre moins de clients qu'au public. Je voudrais voir les sources de monsieur Cournelier afin qu'il me démontre également que la clientèle du privé est plus riche et en santé que celle du public. Basé sur des entendus et des perceptions et non sur des faits ne respecte pas l'éthique journalistique. Je ne suis ni riche ni pauvre mais j'ai le gout d'être en santé et de voir un médecin quand c'est nécessaire. Si vous croyez qu'un bilan médical annuel est non nécessaire et superflu pourriez-vous m'expliquer encore comment il se fait que tout notre système dérape. Que vous soyez contre la médecine privée est acceptable mais faudrait pas entrainer tous vos lecteurs dans votre démarche a moins que vous nous montriez des études qui prouvent vos avancées.

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  • Nom de l\'usager
    Marc Lacroix
    - 21 Septembre 2011 à 11:39:06

    Je crois qu'il y a beaucoup d'émotivité dans ce point de vue très arrêté qui témoigne d'une méconnaissance profonde du système de santé... Premièrement, je tiens à rectifier le tir à l'effet qu'uniquement des gens aisés font affaire avec les cliiques privées. Nous avons mis sur pied en moins de deux ans à Québec et ce sans aucune subvention trois cliniques médicales privées sous la bannière Clinique médicale Lacroix. Depuis deux ans, je soigne les patients de la grande région de Québec et je peut affirmer que la grande majorité sont issus de la classe moyenne! Nous avons comme clients, des enseignants, des travailleurs de la construction, même des étudiants... Ces personnes FONT LIBREMENT LE CHOIX D'INVESTIR dans leur santé, tout comme ceux qui font le choix d'envoyer leurs enfants à l'école privée. N'oublions surtout pas que de plus en plus de gens de la classe moyenne choisissent l'école privée au Québec et que 50% des budgets de ces établissements sont financés par l'État. Ces patients choisissent les services de nos cliniques privées parceque le Gouvernement ne leur offre que l'attente et encore l'attente... Le VRAI PROBLÈME ÉTHIQUE réside dans le fait que l'État, SEUL FOURNISSEUR de soins de santé au Québec, IMPOSE des délais d'accès déraisonnables, délais qui tendent à augmenter sans cesse... deux ans pour telle chirurgie, un an pour tel traitement etc. Les patients en sont même rendus à littéralement quitter le pays afin de se faire opérer plus rapidement. Alors pourquoi ne pas leur donner cette possibilité chez eux? Au moins ces argents seront investits chez nous et serviront à financer le système public... Autre point qu'il est important de rectifier. La médecine préventive a fait ses preuves!!! Les bilans de santé qu je fais passer à ma clientèle dépistent nombre de problèmes de santé qui peuvent ensuite être pris en charge et ainsi prévenir des complications beaucoup plus graves et COÛTEUSES au système de santé. Par exemple, j'ai dépisté en moins de deux ans plus de quarante cas de diabète assymptomatique, plus de deux cent cas d'hypertension artérielle non traitée, une bonne dizaine de cancers du colon à des stades précoces encore curables, une trentaine d'angineux non traité qui s'ignoraient coronariens et j'en passe. Tous ces patients ont été rapidement dirigés au bon endroit et ont débuté des traitements qui ont CHANGÉ L'ISSUE DE LEUR MALADIE dans la grande majorité des cas. N'est-il pas plus logique de soigner l'hypertension, le cholestérol et le diabète plutôt que d'attendre que ces problèmes aboutissent en maladies plus graves et onhéreuses à soigner? L'argument fondamental en est un de libre choix. Nous pouvons faire ce choix en éducation, en médecine dentaire, en médecine esthétique, en radiologie diagnostique ou lorsque l'on choisi d'envoyer ses prises de sang au privé et dans bien des cas les compagnies d'assurances collectives couvrent ces services. Si l'État s'imposait des normes et des délais d'attente raisonnables nous n'en serions pas là a chercher des solutions plus efficaces afin d'obtenir des soins de santé plus accessibles. La véritable solution ne réside biensûr pas dans la privatisation à outrance du système de santé mais bien dans la MIXITÉ, c'est-à-dire dans une saine cohabitation des deux mondes, publics et privé. Après tout force est de constater que TOUS LES PAYS DÉVELOPPÉS DU MONDE ont adoptés de tels modèles à l'exception bien sûr du Canada, de la Corée du nord et de Cuba... Merci de votre attention, Marc Lacroix md PDG et chef d'exploitation Clinique médicale Lacroix inc 795 boulevard du lac Québec, PQ G2M 0E4 1-855-841-1911 www.cliniquemedicalelacroix.com

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