Fête de la naissance du Christ, du Dieu qui se fait homme en s’incarnant dans un petit Nazaréen sans fortune, Noël invite à une joie plus simple. Même pour les non-croyants, cette fête de l’enfant dépouillé au berceau reste un symbole de renaissance et redit le triomphe de la lumière sur la nuit. De plus, dans un monde où les traditions s’effacent les unes après les autres, Noël, cela fait aussi partie de son charme, donne le goût de regarder avec attendrissement vers hier.
Certains n’apprécient pas ce moment de l’année parce qu’il s’accompagne, pour eux, de la course aux cadeaux et du stress des partys. Tant pis pour eux, qui participent à ce qu’ils dénoncent. J’appartiens, pour ma part, à une famille qui pratique sans effort, depuis toujours, la simplicité volontaire. Nous avons mis fin, il y a quelques années, aux inutiles échanges de cadeaux entre adultes. Noël, pour nous, n’est pas une fête commerciale, mais une occasion de repos, de rencontres et de réflexion.
C’est aussi, pour moi, une fête de la musique. À partir du 1er décembre, les cantiques et autres chansons de Noël m’accompagnent et me permettent de vivre dans un esprit de nostalgie heureuse. Encore faut-il que les versions de ces airs qu’on me propose soient de qualité. Une mauvaise musique de Noël, en effet, peut gâcher l’esprit de la fête, comme je l’ai expérimenté l’autre jour, chez IGA, en faisant mon épicerie. La musique de Noël qu’on imposait alors aux clients était si mauvaise que j’en riais de désespoir en achetant mon bouillon de poulet. Les bons disques de Noël, c’est vrai, sont assez rares, mais il y en a.
Dans le genre pop, il faut retenir Plaisirs de Noël (2008), de Patrick Norman. Sur des arrangements aux sonorités country de luxe, Norman y reprend des chansons célèbres avec sa voix d’une rare pureté. On trouve aussi, sur ce disque, l’excellente « Sonne ta cloche », une chanson au swing irrésistible signée Bourbon Gauthier. L’album Noël des anges (2005), de Laurence Jalbert, présente aussi un univers folk-pop de qualité, notamment une magnifique version de « Noël à Jérusalem », le classique d’Enrico Macias.
Dans le genre instrumental, trois albums figurent à mon palmarès de Noël. Home for the Holidays (1996), du trio américain Eaken, est une pure merveille. À la fois sobres et intenses, les interprétations des classiques qu’il propose sont du meilleur goût. La pièce intitulée « The Sussex Mummer’s Christmas Carol » déchire le cœur par sa beauté.
Dans le silence de la nuit (2011), le plus récent album d’André Gagnon, incite à la méditation et à la mélancolie. Le style chaleureux et délicat du pianiste enchante et réconforte avec grâce. Quand Gagnon interprète « Noël allemand », je sais pourquoi je l’aime. L’album Petit Noël (2011), d’Alain Lefèvre, enrichit lui aussi l’esprit de Noël. Lefèvre a un style plus classique que celui de Gagnon, mais tout aussi raffiné. Sa composition « Noël en traîneau » captive, avec un ostinato gracieux.
Dans le genre traditionnel de luxe, enfin, il faut écouter Le premier Noël (2009), l’album de cantiques interprétés par le ténor Marc Hervieux. Chanteur sympathique à la voix puissante et belle, Hervieux nous fait revivre le Noël d’antan. Ne vous trompez pas, toutefois, en achetant son nouvel album Un air d’hiver. En chanteur pop, Hervieux devient hyper quétaine.
Récemment, il disait avoir voulu faire, avec ce dernier disque, des chansons de Noël pour aujourd’hui, parce que les vieux cantiques ne disent rien à ses petites filles. Or les choses anciennes, même les plus belles, ne disent jamais rien aux enfants avant qu’on les leur fasse découvrir. C’est aussi ça, le message de Noël.
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