Depuis octobre 2001, 2,281 soldats de la Coalition, dont 26 québécois des 154 canadiens, ont été tués dans ce conflit. Pour ces 2,281 militaires, combien de femmes, d’hommes et d’enfants afghans ont perdu la vie, tout simplement parce qu’on aurait voulu leur donner la liberté face aux méchants talibans et leur apporter l’espoir d’une démocratie à l’occidentale? Mais au fait, qui sommes-nous pour imposer à ce pays musulman notre manière de penser et notre façon de vivre? N’y a-t-il pas dans ce monde des cultures, des traditions plus que millénaires qui méritent le respect de tous?
Je peux comprendre que certains extrémistes et intégristes tentent d’imposer à toute une population un régime de terreur; c’est sans doute le cas des talibans. Cependant, ce n’est sûrement pas en leur déclarant la terreur de la guerre qu’on peut espérer les déloger. Et le pire de toute cette histoire, c’est de faire croire au monde entier que si nous dépensons autant de milliards de dollars dans cette guerre et que si nous sacrifions autant de vies humaines, c’est pour libérer les Afghans de l’oppression talibane et pour redonner aux femmes afghanes leur dignité par la reconnaissance de leur droit à l’éducation et à l’égalité. Si c’était le cas, nous serions ailleurs dans le monde où les droits des femmes sont encore plus bafoués.
En 2006, le Canada s’était engagé à se retirer d’Afghanistan en 2009. La mission comportait un double volet : militaire et humanitaire. La Coalition avait fait de nombreuses déclarations pour aider la stabilisation et la reconstruction du pays. La participation canadienne a été prolongée, non sans opposition, jusqu’en 2011, avec une insistance sur le volet humanitaire. La communauté internationale a fait de nombreuses promesses qui ne se sont jamais réalisées et la corruption locale a su détourner une grande partie des milliards de dollars distribués par plusieurs pays. Et maintenant que l’année 2011 est à nos portes, le gouvernement conservateur Harper veut prolonger, encore une fois, la présence des troupes canadiennes, cette fois, non pas dans une mission de combat, mais plutôt dans une mission humanitaire d’accompagnement, de soutien et de formation d’une armée afghane, qui deviendra capable de s’assumer, comme par magie, en 2014.
Tous les experts s’entendent pour dire que la guerre fut un échec lamentable et qu’il est illusoire de croire à la formation d’une armée afghane autonome d’ici 2014. Avec un tel constat, ne pourrions-nous pas sortir de ce bourbier dans lequel nous nous sommes enfoncés depuis 2001? Combien de jeunes soldats y seront encore sacrifiés à cause de l’entêtement et de l’irresponsabilité de nos dirigeants?
Bonne Année 2011 quand même!

