Et pire encore, le communiqué de la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier qui donne raison à la commission scolaire, à son président Denis Rajotte et à son directeur général, Alain Laberge, qui justifient leur décision par l’absence de directives claires de la part du gouvernement, sur tout ce qui entoure les accommodements raisonnables. Et dire que tous ces gens sont en autorité! C’est pitoyable!
Faut-il légiférer et baliser le « gros bon sens »? En quoi cette phrase de la chanson : « Dieu réunit ceux qui s’aiment », remet-elle en question la laïcité au Québec? Est-il nécessaire pour un prof de musique d’avoir une maîtrise en théologie pour expliquer à des jeunes de 10 et 11 ans, ce que signifie cette phrase dans une œuvre classique qui appartient au répertoire francophone? Si nous sommes devenus incapables de dire le mot « Dieu » ou celui de « Jésus » dans une école du Québec, nous avons là un grave problème : il faudrait aussi censurer les jurons et les sacres qu’on entend un peu partout et même dans nos cours d’école.
Je veux bien croire que ce prof de musique est très apprécié de ses élèves, mais son manque de jugement est alarmant. Ce pauvre prof doit avoir de la difficulté à dire à ses élèves le nom de leur école, puisqu’il s’agit de Saint-Gabriel-Lalemant. Il ne faudrait pas qu’un élève ose lui demander qui était ce Gabriel Lalemant, ce religieux Jésuite qui a été décapité par les Iroquois, au début de la colonie, puisque, selon le président de la commission scolaire, plusieurs éducateurs marchent sur des œufs lorsque confrontés à ces questions. Par chance que la stupidité ne tue pas!
Et le plus cocasse de toute cette histoire, c’est l’interdit entourant une chanson d’Édith Piaf, parce que trop religieuse, cette grande dame qui n’était pas prisée par l’Église catholique de son temps, à cause de sa vie plutôt libérale et tumultueuse. C’est là l’ironie de l’histoire!
Raymond Gravel ptre
Diocèse de Joliette
Directeur spirituel des pompiers et des policiers.
