Le Lavaltrois Jimmy Vigneux revient de trois lourdes semaines aux Philippines

Aide humanitaire

Pierre Bellemare pierre.bellemare@tc.tc
Publié le 10 décembre 2013

Formé en aide humanitaire et ayant œuvré en Haïti l'an dernier, Jimmy Vigneux a vécu une expérience particulière aux Philippines. Durant trois semaines, le Lavaltrois a côtoyé la dévastation pour aider les victimes du typhon Haiya. Avec ses collègues de l'Oeuvre Léger, il a fait en sorte que les Philippins puissent disposer d'eau potable.

L'anxiété l'a habité à certains moments mais il a pu conserver le focus sur sa mission: aider les gens. «On sait que les gens ont d'énormes besoins. En tant qu'humain, on a envie d'aider nos frères et sœurs», raconte-t-il.

Froid dans le dos

Jimmy Vigneux s'est retrouvé devant une scène de fin du monde en arrivant à Tacloban (capitale et ville la plus peuplée de la région des Visayas orientales des Philippines). L'aérogare était détruite. Il ne restait que les plafonds et des poutres de béton. Des gens y attendaient pour monter dans un avion et quitter le pays.

Lui et une trentaine d'autres personnes sont montés à bord d'un véhicule militaire pour se rendre aider les gens. Il leur a fallu soulever des fils électriques en différents endroits pour arriver à destination. Il y avait des cadavres en bordure de la route.

«On sait qu'on n'est pas là pour rien. On sait qu'on est là pour quelque chose. Ça nous motive encore plus», explique celui qui est âgé de 30 ans et qui est photographe.

Son groupe s'est préoccupé de trouver des sources d'eau. L'installation de l'équipement de purification a ensuite débuté.

En filtrant l'eau, ils ont pu en donner quotidiennement entre 30,000 et 40,000 litres. Ils ont utilisé un camion-citerne de 16,000 litres prêté par Tacloban pour transporter le précieux liquide au point de distribution.

Voir des cadavres sur le bord des routes a été pour lui une vision horrifiante. «C'est quelque chose qui perturbe», dit-il. Le niveau de destruction l'a touché. «On ne peut pas croire qu'un désastre d'une telle ampleur soit arrivé», mentionne-t-il.

Les récits des Philippins sur ce qui s'est passé lors du typhon sont un autre aspect qu'il lui a fallu encaisser. On lui a confié que des cris à l'aide ont été entendus durant une quinzaine de minutes après l'événement. Puis le silence a envahi les rues.

M. Vigneux a noté la chaleur humaine et la résilience des Philippins. Les gens étaient capables de sourire et de faire des blagues malgré la tragédie. Et les remerciements étaient nombreux.

Il retient de son expérience l'importance, lors de catastrophes de cette envergure, que des ONG (organisation non gouvernementale) comme l'Oeuvre Léger entrent en scène rapidement pour fournir de l'eau et de la nourriture.

Il est fier d'avoir participé à l'élan de solidarité envers les Philippins.