Electrolux: Un ancien employé appelé à repenser sa retraite

Les contrecoups de la fermeture de l'usine


Publié le 17 février 2017

Mme Dumoulin conseille à plusieurs de ses clients de prolonger leur hypothèque afin de diminuer leurs paiements mensuels et ainsi être en mesure de cotiser à leur REER.

©Photo TC Media - Renée-Claude Doucet

En cette période de REER, l'équipe de TC Media Lanaudière, en collaboration avec Desjardins, vous présente un profil de citoyen qui a pris ses finances en main afin de s'assurer une bonne retraite.

FINANCES. Décembre 2010; l’usine Electrolux, située dans le secteur de L’Assomption, annonce sa fermeture. En trois ans, 1300 travailleurs perdent leur emploi. Parmi eux, Pierre Lagacé, 55 ans, est appelé à mettre son projet de retraite sur la glace.

M. Lagacé a travaillé pendant plus de 40 ans chez Electrolux. Il a occupé différents postes, allant de la sérigraphie à la maintenance, en passant par chauffeur de chariot élévateur. À l’annonce de la fermeture de l’usine, le résident de L’Assomption était sous le choc.

«Nous étions plusieurs à espérer qu’elle rouvrirait un jour. On a ‘’mangé une claque’’… J’ai été témoin de séparations de couple, de maladies et certains ont même pensé au suicide», raconte-t-il avec émotion.

«Nous étions plusieurs à espérer qu’elle rouvrirait un jour. On a ‘’mangé une claque’’… J’ai été témoin de séparations de couple, de maladies et certains ont même pensé au suicide.» Pierre Lagacé

Même s’il espérait prendre sa retraite à la fermeture de l’usine, M. Lagacé n’a pas eu d’autre choix que de remettre son projet à plus tard. «Ça prenait 61 ans d’âge. J’ai donc perdu ma prime de départ et mes assurances collectives», raconte-t-il. Le travailleur est reparti avec un petit fonds de pension et une prime de séparation.

De plus, à la suite de la fermeture, devant composer avec des problèmes de santé, M. Lagacé a dû être hospitalisé. Dans ce contexte, un regard sur ses finances s’avérait essentiel.

Pierre Lagacé a déniché un nouvel emploi auprès des jeunes à besoins particuliers.

©Photo TC Media - Renée-Claude Doucet

Remanier son budget

Avec sa conseillère financière, M. Lagacé a été en mesure de mettre sur pied un bon plan de retraite. «Moi, je regarde les deux côtés d’un bilan; autant le crédit que l’épargne, explique Janet Dumoulin, conseillère en finances personnelles chez Desjardins. Lorsqu’il y a lieu de consolider tout ça, il est possible de remanier le budget et de penser à épargner.»

Mme Dumoulin conseille à plusieurs de ses clients de prolonger leur hypothèque afin de diminuer leurs paiements mensuels et ainsi être en mesure de cotiser à leur REER. «Désormais, ce n’est pas rare que les gens de 50 ans ou même de 80 ans aient une hypothèque, appuie la conseillère. C’est quelque chose qui était impensable il y a 20 ans. Les gens avaient été élevés de cette façon; il fallait payer sa maison et après on pensait à économiser. Avec le prix des maisons d’aujourd’hui, ce n’est plus comme ça.»

 

S’il y a une chose à retenir pour s’assurer une belle retraite, selon Janet Dumoulin, c’est de favoriser le versement périodique.
Photo TC Media - Renée-Claude Doucet

Stress en moins

À la suite de son congé de maladie, M. Lagacé a déniché un nouvel emploi. Il fait maintenant équipe avec sa conjointe afin d’assurer le transport scolaire de jeunes à besoins particuliers. Il travaille tous les jours, 20h par semaine. «C’est un autre monde, très particulier. Les autistes sont attachants. Quand ils te donnent leur confiance, c’est pour vrai. On trouve toujours un moyen d’aller les chercher.»

Aujourd’hui âgé de 61 ans, qu’en est-il de ses projets de retraite? «Sincèrement, je ne sais pas. Si j’ai la santé, je vais continuer de travailler.»

Chose certaine, depuis que M. Lagacé a pris le contrôle de ses économies, il se sauve d’un important stress. En plus de son REER, il cotise à un CELI, en vue de ses projets à cours et moyens termes. «C’est l’idéal lorsque l’on a besoin de liquidité rapidement. On peut le retirer sans incidence fiscale», explique Mme Dumoulin.

Enfin, s’il y a une chose à retenir pour s’assurer une belle retraite selon la conseillère, c’est de favoriser le versement périodique. «C’est comme une mensualité de cellulaire… le minimum pour l’investissement périodique est de 25$ par mois. Ce n’est pas quelque chose d’incroyable. Lorsque l’on prend cette habitude d’épargne là, c’est fantastique.»

Côté économies d’impôts

Le REER permet une économie d’impôt dès qu’on y cotise. Les revenus obtenus fructifient également à l’abri de l’impôt. Cependant, lorsqu’on retire le REER à la retraite, chaque montant est imposé, d’où l’importance de le retirer en petites tranches. Avec le CELI, il n’y a aucun impact fiscal, ni à la rentrée ni à la sortie. Il faut toutefois tenir compte du plafond de cotisation annuelle.

On parle de combien?

Il est possible de cotiser 18% du revenu gagné de l’année précédente jusqu’à concurrence de 26 010$, moins le facteur d’équivalence de l’année précédente, si on détient un régime de retraite auprès de notre employeur. Côté CELI, le plafond de cotisation annuelle est fixé à 5 500$ pour l’année 2017.