Savoir résister, pour mieux épargner


Publié le 10 février 2017

Marc-André Laurin et Josée Lambert Chan.

©(Photo TC Media - Élise Brouillette)

En cette période de REER, l'équipe de TC Media Lanaudière, en collaboration avec Desjardins, vous présentera dans les prochaines semaines quatre profils de citoyens qui ont pris leurs finances en main afin de s'assurer une bonne retraite.

FINANCES. Josée Lambert Chan a commencé à mettre de l'argent dans des REER au début des années 80. Pour elle, la véritable liberté, c'est de pouvoir choisir.

« Quand on a 25-30 ans, c'est loin la retraite, on se dit "peut-être que je n'en profiterai même pas" et c'est aussi le moment où on a le plus besoin de notre argent. On a l'impression qu'en économisant, on diminue notre pouvoir d'achat », explique Mme Lambert Chan.

Épargner, c'est toutefois le choix qu'elle a fait, elle qui aura bientôt 60 ans et qui a eu trois filles. Ce réflexe lui a aussi été transmis de génération en génération. « Je viens d'une famille modeste. J'ai vu mon père faire son budget chaque semaine. »

« J'ai toujours aimé les chiffres, la planification et le goût du risque », enchaîne-t-elle. C'est ce qui l'amène à faire appel à un planificateur financier et à investir encore plus.

C'est aujourd'hui Marc-André Laurin, de la Caisse Desjardins de Joliette, qui l'accompagne.

« Un critère pour moi était d'avoir quelqu'un plus jeune que moi, qui va être capable de me suivre jusqu’à ma retraite », précise Mme Lambert Chan.

D'ailleurs, à l'approche de la soixantaine, elle souligne qu'elle a la liberté de choisir de travailler moins et, éventuellement, d'arrêter à 61 ou 62 ans. Ce qui aurait été impossible sans planification. En effet, l'entreprise dans laquelle elle est actuellement directrice n'offre pas de fonds de pension. « À la retraite, c'est faux qu'on a moins de dépenses, les frais fixes demeurent et souvent les frais de loisirs augmentent. »

On ne peut pas tout contrôler

Josée Lambert Chan a souffert d'un cancer à l'âge de 55 ans et elle a été en arrêt de travail pendant un an et demi.

À la suggestion de son planificateur financier, Mme Lambert Chan avait souscrit à une assurance salaire.

« Les achats de médicaments peuvent se chiffrer en milliers de dollars, informe-t-elle. On a beau planifier, on ne peut pas tout contrôler. »

Sa maladie a-t-elle changé sa manière d'aborder ses finances? « J'épargne encore plus! Je veux bien vivre, mais avoir une sécurité. La vraie liberté, c'est le choix. »

Vivre selon ses moyens

Pour Josée Lambert Chan, l'important est de vivre selon ses moyens, de ne pas se laisser influencer et de ne pas tomber dans le piège de se justifier par rapport à ses choix. Ce fut difficile? « Ça l'est toujours, insiste-t-elle, je suis sensible au beau et à l'esthétisme, tout nous sollicite, mais il faut faire un pas en arrière et se demander si on en a vraiment besoin. »

Elle poursuit : « Il faut se demander quelles sont nos valeurs, notre point d'ancrage. Savoir dire non. »

La première année la plus dure

Son planificateur financier, Marc-André Laurin, mentionne que c'est surtout la première année qui est difficile, le temps d'établir les habitudes. Parce que ça exige de la discipline, tout comme les bonnes résolutions du 1er janvier. En ce sens, les prélèvements automatiques peuvent être une option pour maintenir le réflexe de l'épargne: « La retraite, c'est loin, mais c'est proche! »

Le planificateur financier est là pour aider à bien anticiper sa retraite, mais son rôle va au-delà de ça. En fait, il accompagne les clients à chaque étape de leur vie, selon leur situation et leurs projets (études, achat d'une maison, naissance d'un enfant, testament). « Nous allons nous adapter à chaque client, adopter un langage commun pour lui, selon son degré de connaissance. »

Le planificateur est d'abord et avant tout un consultant. L'essentiel, insiste Marc-André Laurin, est d'être honnête avec son planificateur et de suivre le plan qui est établi.

« Il n'est jamais trop tard pour prendre de bonnes habitudes », précise-t-il.

Quant à Mme Lambert Chan, elle conclut que le planificateur financier doit être « sur la coche », car « on ne confie pas son portefeuille à n'importe qui ».

Vous avez jusqu'au 1er mars pour cotiser à un REER.

L'épargne selon Josée Lambert Chan

Savoir résister

Ne pas tomber dans le piège de la justification

Établir une bonne relation avec son consultant financier

Se faire confiance

Lui faire confiance

Persévérer