Un organisme qui soutient les handicapés pourrait fermer


Publié le 13 février 2017

En point de presse: Audrey-Line Lachance (ARLPHL), Nathalie Marcotte (TCRAPHL) et Édith Fortier (Corporation Les enfants de ma rue).

©Photo TC Media - Caroline Morneau

LOISIRS. Une organisation qui a pour mandat de soutenir les activités offertes aux personnes handicapées dans Lanaudière pourrait fermer d'ici le 31 mars. Une situation que dénoncent plusieurs intervenants du milieu communautaire.

L'Association régionale des loisirs pour personnes handicapées de Lanaudière (ARLPHL) est une organisation subventionnée méconnue de la population, puisqu'elle n'intervient pas directement auprès d'elle. Sa mission consiste plutôt à accompagner les organismes-membres qui proposent des loisirs aux individus vivant avec un handicap.

« On offre de la formation, du référencement et différentes formes d'aide à des organismes qui eux proposent des activités et du divertissement aux bénéficiaires. Notre équipe est composée de professionnels qui apportent une aide essentielle et qui fait une différence », fait valoir Audrey-Line Lachance, directrice régionale de l'ARLPHL.

Lors d'un point de presse tenu à Joliette, plusieurs intervenants du milieu communautaire ont pris la parole pour dénoncer la dissolution potentielle de l'association résultant d'un arrêt du financement lui étant accordé.

On explique que l'unité régionale de services Loisir et Sport Lanaudière redistribue généralement des subventions qu'elle reçoit du gouvernement du Québec à l'ARLPHL. Le Conseil du Trésor, toutefois, a récemment décidé que Loisir et Sport Lanaudière devra, à compter du 31 mars, procéder à un appel d'offres public ou à l'invitation d'au moins deux fournisseurs pour l'obtention du mandat de soutien aux loisirs des personnes handicapées. Normalement, l'argent est remis directement à l'ARLPHL, « un organisme implanté et reconnu dans son milieu depuis plus de 35 ans ».

Nathalie Marcotte, de la Table de concertation régionale des associations des personnes handicapées de Lanaudière (TCRAPHL), n'hésite pas à dire que la décision du gouvernement est une manière déguisée de transférer le service au privé.

« On ne sait pas ce qui arrivera. Si on arrête de nous financer, on ne pourra plus donner de services. Est-ce que Loisir et Sport Lanaudière décidera d'assumer le soutien aux loisirs chez les handicapés, est-ce que le mandat sera confié à une autre organisation? On ne sait rien. Mais il serait dommage pour les organismes de perdre l'expertise d'une organisation comme la nôtre qui œuvre dans le milieu depuis des années », fait valoir Mme Lachance.

L'ARLPHL, soulignons-le, disposait ces dernières années d'une subvention annuelle d'environ 60 000 $. Avec la formation et le soutien qu'elle offre à ses 40 organismes-membres répartis dans toute la région, l'association estime desservir indirectement plus de 5000 personnes handicapées ainsi que leur famille.

L'ARLPHL offre notamment ses services à la Corporation Les enfants de ma rue, à l'Association de parents d'enfants trisomiques de Lanaudière, à L'Association sclérose en plaques de Lanaudière, aux Répits de Gaby, aux associations des personnes handicapées dans les six MRC de la région, aux Amis de la déficience intellectuelle Rive-Nord (MRC L'Assomption), aux Maisons d'à côté Lanaudière (MRC Joliette) et à plusieurs autres organismes.