Elle risque six mois de prison pour avoir enlevé son bambin


Publié le 23 février 2017

Une mère déclarée coupable d'avoir enlevé son enfant à Mascouche en juillet 2013 risque six mois de prison.

©Photo TC Media - Archives

JUSTICE. Une mère de 41 ans risque six mois de prison ferme pour avoir enlevé son bambin d'un an dans Lanaudière en juillet 2013 et l'avoir emmené dans sa famille dans les Caraïbes pendant 18 mois, privant ainsi le père de voir son fils.

La mère de 41 ans, dont on ne peut dévoiler l'identité pour protéger celle de son enfant, a même fait une fausse déclaration pour obtenir un passeport pour son fils parce le père refusait de donner son consentement pour qu'elle quitte le pays avec leur enfant aujourd'hui âgé de cinq ans.

Elle avait été arrêtée à l'aéroport à son retour à Montréal, il y a deux ans.

Le 21 décembre 2016, après un procès de deux jours, elle a été reconnue coupable d'enlèvement, d'avoir fait une fausse déclaration relative à un passeport et d'avoir communiqué avec le père de son enfant, alors qu'il le lui était interdit.

La poursuite réclame six mois de prison fermes ainsi qu'une probation de trois ans, alors que l'avocat de l'accusée aimerait que sa cliente soit absoute conditionnellement ou purge une peine dans la collectivité, selon les courtes représentations faites par les avocats le 22 février.

Séparation difficile

Le couple formé de l'accusé et du père de l'enfant s'est séparé dans un contexte très difficile à l'automne 2012, selon le témoignage que le père a livré devant la cour en décembre dernier.

Selon lui, pendant leur relation d'un peu plus de deux ans, elle l'a isolé de sa famille et de ses amis.

Plus à son appartement

En 2013, deux semaines après la Saint-Jean-Baptiste, il devait avoir la garde de son fils pour la fin de semaine. Or, selon lui, l'accusée ne se trouvait plus à son appartement.

« Je n'avais pas moyen de la joindre. Je suis allé voir la police pour tenter de trouver mon fils », a-t-il dit.

Ton arrogant

« Pendant que j'étais avec les enquêteurs, elle m'a appelé et m'a demandé sur un ton arrogant: "Devine où je suis?". Comme si elle avait gagné la fierté de partir [avec mon fils] sans ma permission. J'avais le sentiment qu'elle était dans les Caraïbes. Elle m'a dit qu'il n'y avait rien que je puisse faire pour l'empêcher d'être là-bas », a-t-il ajouté.

Refus de signer

Selon lui, l'accusée lui a à maintes reprises demandé de signer les papiers pour le passeport de leur fils, mais il dit avoir toujours refusé.

« Je n'étais pas contre signer les papiers du passeport, mais je voulais régler la garde de notre fils avant. Et, aussi, ç’aurait été pour des vacances, pas pour aller vivre là-bas », a-t-il dit.

Le père de l'enfant a affirmé devant la cour qu'il a pu avoir des communications avec son fils par téléphone pendant les 18 mois où il était parti, mais seulement quand l'accusée appelait parce qu'il ne réussissait pas à la joindre au numéro qu'elle lui avait donné.

« Moi, j'étais démoli, a-t-il dit. Je n'ai pas eu de grosses discussions avec lui, il était trop jeune. Elle, elle me disait à quel point elle était bien là-bas, qu'elle avait trouvé un nouveau travail, une nouvelle place où habiter. »

Enquête policière

Éric Bolduc, un policier de la Sûreté du Québec qui a  enquêté dans le dossier a affirmé dans son témoignage avoir tenté de joindre l'accusée dans les Caraïbes plusieurs fois sans succès, avant d'y parvenir en novembre 2013.

« Ça ne s'est pas très bien passé. Elle était de mauvaise humeur et elle ne voulait pas me parler. Elle m'a demandé de ne plus la rappeler. Elle m'a donné le numéro d'une avocate, mais quand j'ai appelé, ce n'était manifestement pas un bureau d'avocats », a-t-il témoigné.

Faire tomber la plainte

Ce n'est qu'en janvier 2015 qu'il affirme avoir eu un appel de la GRC et des affaires étrangères, dans lequel on lui a mentionné que l'accusée était intéressée à revenir au Canada.

Quelques jours plus tard, les policiers ont attendu l'accusée à l'aéroport de Montréal et l'ont arrêtée.

Selon le père, quelques mois après son retour à Montréal, l'accusée lui aurait demandé de laisser tomber sa plainte.

Le grand-père a lui aussi témoigné en cour disant que l'accusée lui avait demandé au téléphone de demander à son fils de laisser tomber sa plainte.

« Elle insistait. Je lui ai dit que j'avais du travail et j'ai raccroché », a-t-il dit.

Pas pu avoir la signature

Lors son témoignage à son procès, l'accusée a affirmé que « sa vie était au Canada comme elle l'est maintenant et l'a toujours été ».

Elle a dit qu'elle n'avait pas pu avoir la signature du père pour le passeport de leur enfant parce qu'elle n'avait pas été en mesure de le joindre.

Selon elle, même si elle a admis être restée plus longtemps que prévu dans les Caraïbes, elle n'a jamais eu l'intention de porter atteinte aux droits du père de voir son enfant ou d'être en contact avec lui.

Or, sa version n'a pas convaincu le juge. Elle devrait recevoir sa sentence en avril.