Le film Barbie Boomer sera présenté en première à Joliette

Une scène du documentaire Barbie Boomer. (Photo gracieuseté)
Une scène du documentaire Barbie Boomer. (Photo gracieuseté)

Le réalisateur Marc Joly-Corcoran et Sylvie Longpré, collectionneuse de poupées Barbie depuis sa tendre enfance, seront au Cinéma RGFM Joliette le 21 janvier, à 19 h, pour la première du documentaire Barbie Boomer. À travers l’histoire de Sylvie, le film aborde de nombreuses questions telles que le vieillissement, le deuil chez les collectionneurs ainsi que le rôle des objets dans nos vies. Le long-métrage propose également une incursion au cœur du processus méconnu d’acquisition de dons par les institutions muséales.

En entrevue avec L’Action, Marc Joly-Corcoran, qui est originaire de Repentigny et a étudié en cinéma au Cégep à Joliette, raconte que cela faisait longtemps qu’il avait envie de réaliser un film en compagnie de Sylvie Longpré. Celui qui a aussi produit le documentaire Que le fan soit avec toi sur des amateurs de Star Wars est passionné par toute la culture des fans et des collectionneurs.

Lorsqu’il a appris que Sylvie, qui est maintenant âgée de 67 ans, songeait à donner une partie de sa collection de 800 poupées au Musée de la civilisation à Québec pour en assurer la pérennité, le réalisateur s’est dit qu’il y avait certainement là une histoire. En effet, son documentaire traite d’un sujet sensible, soit de l’attachement du collectionneur vieillissant envers ses trésors.

Le film, dont le tournage s’est effectué de 2023 à 2025, permet d’être témoin des démarches de Sylvie auprès de l’institution muséale, qui accepte d’évaluer sa proposition, et de son processus de deuil, alors qu’elle s’apprête à donner ses Barbie d’enfance. Ces décisions se prennent aussi à un moment où elle voit la condition physique de sa meilleure amie Linda, également collectionneuse de Barbie, se dégrader lentement à cause de la maladie.

Marc Joly-Corcoran relate que Sylvie a été partante dès qu’il lui a parlé de son projet. « Au début, elle pensait léguer ses poupées de façon posthume, mais finalement, c’est devenu un don de son vivant. »

En entretien avec notre journaliste, la collectionneuse, qui est originaire de Repentigny où elle a enseigné, mais qui réside maintenant à Saint-Jean-de-Matha, explique que puisqu’elle n’a pas d’enfant à qui les léguer, elle avait commencé des démarches dans le but de faire don de ses poupées. Elle avait approché le Musée de la civilisation. « Je ne m’attendais pas nécessairement à une réponse, mais tout s’est emboîté! »

Sylvie mentionne qu’au départ, son intention était de donner l’entièreté de sa collection. Toutefois, en prenant part au processus d’acquisition, elle s’est rendu compte de sa complexité et que cela n’était pas possible. Elle se réjouit cependant que le Musée ait acquis toutes ses poupées d’enfance, celles qui étaient les plus anciennes. La démarche en compagnie de la conservatrice Lydia Bouchard aura duré deux ans.

De son côté, le réalisateur salue l’importante collaboration du Musée de la civilisation dans le projet. « Ils ont accepté que je suive le processus et j’ai même pu filmer dans les voûtes! »

Il souligne que le film s’adresse à tous, parce que nous sommes tous collectionneurs à différents degrés.

Le réalisateur Marc Joly-Corcoran. (Photo gracieuseté – Joel Lehmann)

Une collectionneuse passionnée

Au sein du film, Sylvie Longpré partage que le fait de collectionner des Barbie est, pour elle, une manière de s’évader.

L’état exceptionnel de ses poupées est mis de l’avant dans le documentaire. Sylvie se souvient qu’enfant, lorsque ses amies venaient jouer à la maison, elle cachait ses Barbie pour éviter qu’elles soient abimées.

Elle raconte aussi qu’elle a toujours été une collectionneuse « coups de cœur ». « Je me procure des poupées non pas pour leur valeur, mais parce que je les trouve belles. Par exemple, je porte moi-même une frange, alors j’aime avoir les Barbie qui en ont une. J’adore la fourrure ou les bottes blanches, alors quand les poupées ont de tels habits, je les achète! À l’inverse, je ne me suis jamais procuré la Barbie #1 parce que je ne la trouvais pas vraiment belle. »

Sylvie Longpré partage qu’il lui arrive encore d’acheter des Barbie contemporaines. Elle a notamment adoré la série « Barbie Cutie Reveal », où les poupées sont habillées en costumes de mascottes et elle s’est alloué un budget pour acquérir la collection. Elle a aussi beaucoup aimé le film qui est sorti en 2023 mettant en vedette Margot Robbie. Elle souligne que Barbie a d’ailleurs eu un impact dans sa vie personnelle et dans sa façon de prendre des décisions en tant que femme et de les assumer. « Si tu me dis que je ne peux pas faire quelque chose, ça me motive davantage à prouver le contraire! »

Sylvie Longpré dévoile qu’éventuellement, elle pourrait fort bien entreprendre des démarches auprès d’autres musées, peut-être en Ontario, étant donné qu’elle possède encore plusieurs poupées anciennes.

Soulignons qu’il sera possible de voir les poupées de Sylvie acquises par le Musée de la civilisation lors d’une exposition sur le bonheur qui aura lieu en mai 2026.

Sylvie Longpré en rencontre avec la conservatrice Lydia Bouchard. (Photo gracieuseté)

Des projections symboliques

Le 21 janvier, lors de la projection à Joliette, Sylvie Longpré et Marc Joly-Corcoran prendront la parole. Pour ce dernier, présenter son documentaire à Joliette revêt un caractère particulier. Le réalisateur a, entre autres, développé une passion pour le cinéma sous l’égide de Claude R. Blouin. Il a même été projectionniste dans le bâtiment du Cinéma RGFM Joliette, anciennement Ciné-Entreprise. Ensuite, le 26 janvier, Marc et Sylvie seront de passage dans leur Repentigny natal. La collectionneuse a bien hâte de revoir d’anciens étudiants.

Barbie Boomer est autofinancé, produit et réalisé par Marc Joly-Corcoran. Après sa première à Joliette, le film continuera sa tournée à Repentigny le 26 janvier, à 19 h, au Théâtre Alphonse-Desjardins et au Cinéma RGFM de Beloeil, le 29 janvier, à 13 h 30. D’autres salles s’ajouteront. De son côté, Marc Joly-Corcoran enseigne le cinéma à l’Université de Montréal depuis 2010. En plus de développer d’autres projets documentaires, il écrit le scénario de Parthenos, un drame de science-fiction, qu’il espère tourner en anglais lorsque le financement sera complété.

Pour visionner la bande-annonce du documentaire, cliquez ici

La collectionneuse Sylvie Longpré. (Photo gracieuseté – Thomas Rousvoal)
Le réalisateur Marc Joly-Corcoran. (Photo gracieuseté – Thomas Rousvoal)

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