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27 Mars 2018

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Victime d'un policier, il entame une poursuite de 1,16 M$ contre lui et la Sûreté du Québec

©Photo L'Action - Archives

JUSTICE. Un père de famille ayant été tabassé par un policier de la Sûreté du Québec il y a trois ans à Lanoraie a entamé une poursuite civile de 1,16 M$ contre lui et son employeur.

Le plaignant, Alexandre Hébert, allait reconduire sa fille de 11 mois à la garderie, le 9 décembre 2014, quand l'agent de la Sûreté du Québec, Guillaume St-Louis, l'a intercepté pour les vitres teintées de son Acura grise.

L'interception a rapidement dégénéré.

En moins de 10 minutes, Alexandre Hébert a été aspergé de poivre de Cayenne au visage et il a reçu plusieurs coups de bâton télescopique aux jambes, ainsi qu'aux mains. L'index de sa main gauche a été fracturé. Il a aussi reçu deux coups à la tête alors qu'il luttait au sol avec le policier, avant d'être arrêté.

Alexandre Hébert affirme maintenant vivre avec des maux de tête fréquents en raison d'un traumatisme craniocérébral léger.

Vie chamboulée

« La vie d'Alexandre Hébert a complètement été chamboulée », peut-on lire dans la poursuite civile, dont L'Action a obtenu copie.  

Celle-ci a été déposée le 8 décembre 2017, soit le même jour où Guillaume St-Louis a été déclaré coupable de voies de fait lui ayant causé des lésions corporelles pour avoir utilisé une force excessive quand il l'a rué de coups et blessé avec son bâton télescopique.

Alexandre Hébert allègue être tombé en dépression majeure, puis avoir subi un syndrome post-traumatique et une perte de jouissance de la vie à la suite de l'évènement.

Il réclame 5 000 $ pour avoir dû assumer des frais d'avocats pour se défendre d'accusations d'entrave à un agent de la paix, de menaces et de voies de fait déposées contre lui après l'altercation. Celles-ci ont par la suite été retirées.

« Surtout, il a dû cesser à jamais d'exercer son métier de chaudronnier, et il ne pourra plus exercer aucun métier aussi bien rémunéré avec de tels avantages sociaux », est-il écrit dans le document de poursuite.

La moitié de la somme réclamée à Guillaume St-Louis ainsi qu'à la Sûreté du Québec, soit 600 000 $, l'est d'ailleurs pour une perte de revenus actuels et futurs.

Sa mère et sa fille aussi

La mère d'Alexandre Hébert, Carmen Cournoyer, réclame, au cœur de la même poursuite, 115 000 $ pour avoir subi une perte de jouissance de la vie et une dépression majeure entraînant un arrêt de travail. Ces conséquences, est-il allégué dans le document de cour, sont le résultat direct de l'évènement subi par son fils.

« Elle a dû agir à titre de principal support, tant financier que moral, [pour son fils] », peut-on lire.

Une somme de 10 000 $ est aussi demandée pour la fille d'Alexandre Hébert. Elle est considérée comme une « victime par ricochet » ayant subi une perte de jouissance de la vie à titre de témoin des évènements.

« Le dossier procède », nous a affirmé l'avocate des plaignants, Maryse Lapointe.

Contactée par le Journal L'Action, la Sûreté du Québec s'est refusée à tout commentaire étant donné que le dossier se trouve actuellement devant les tribunaux.

La Sûreté du Québec est défendue par une avocate de la Procureure générale du Québec.

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