Le parc régional de l’île du Mitan se concrétise

Les sentiers pédestres dans le Parc régional de l’Île du Mitan s’étendent sur environ 10 km.  (Photo Médialo – Jason Joly)
Les sentiers pédestres dans le Parc régional de l’Île du Mitan s’étendent sur environ 10 km. (Photo Médialo – Jason Joly)

Fruit d’un travail de longue haleine, la MRC de D’Autray a officialisé les démarches pour la création du Parc régional de l’Île du Mitan avec l’adoption d’un règlement à cet effet en janvier dernier. Une collaboration entre l’organisation et l’instance gestionnaire du site, la Société de conservation, d’interprétation et de recherche de Berthier et ses îles (SCIRBI), assurera à cette dernière une aide financière supplémentaire pour l’assister dans ses opérations au sein du parc, mais aussi dans sa mission de protection de l’environnement.

Réunissant des portions des îles aux Castors, de la Commune et du Mitan, le parc sera composé des 265 hectares détenus par la SCIRBI. Près de 10 km de sentiers pédestres, environ 14 km de pistes de ski de fond ainsi que des chemins pour y faire du fatbike sont déjà accessibles sur place et entretenus par l’organisme. Le site continuera donc d’offrir ces activités, mais le président de la société, Jean Castonguay, ne ferme pas la porte à un potentiel développement au fil du temps : « Nous pensons que c’est un bon début avant de peut-être s’agrandir au sein des îles de Berthier. »

Le maire de La Visitation-de-l’Île-Dupas, Alain Goyette, se réjouit également que la MRC ait reconnu ce projet qui se trouve sur le territoire de sa municipalité. Alors que ses collègues maires avaient voté unanimement pour la conception du parc, il leur fallait toutefois l’aval de l’organisation, qui est la seule à avoir l’autorité pour mettre en branle une telle initiative. « Maintenant, des ressources de la MRC et des municipalités vont être disponibles pour mousser l’offre de services au sein du site, contribuant à sa pérennité », estime M. Goyette.

Une aide financière bonifiée

Les bénévoles de la SCIRBI ne sont pas seulement mandatés pour prendre soin des sentiers, ils doivent aussi s’assurer de la protection de certaines espèces animales et végétales présentes sur le terrain, tout comme de la conservation de leur milieu.

Pour financer ses efforts, l’organisme peut compter sur des revenus provenant des terres agricoles qu’il possède. Alors qu’au départ l’agriculture y était plus intensive, des changements survenus il y a cinq ans ont chamboulé les plans de la SCIRBI. Jean Castonguay explique que la Table de concertation régionale du lac Saint-Pierre avait approché, à cette époque, les propriétaires de terrains se trouvant dans des zones inondables autour du plan d’eau pour la protection des populations de perchaudes, lesquelles étaient en déclin. « Nous avons nous-mêmes été touchés puisque notre terrain est en grande partie dans une zone inondable. Nous avons été obligés de changer nos opérations agricoles », confie le président. Ces modifications de cultures ont miné la rentabilité et donc l’apport de fonds pour l’organisme.

Le projet de parc régional vient à point nommé puisque la MRC de D’Autray prévoit investir un montant de 100 000 $ sur trois ans. Le maire Alain Goyette souligne que cette aide contribuera à encourager la SCIRBI dans sa mission : « Nous voulons maintenir les trois volets, soit la conservation, l’interprétation et l’agriculture, pour un bon vivre-ensemble ». La MRC apportera également une assistance plus administrative afin de laisser la société se concentrer davantage sur l’entretien du site.

Collaboration possible

Bien que quelques détails doivent être finalisés, dont les responsabilités officielles de chacune des parties, les personnes impliquées voient déjà tout le potentiel du parc dans le développement de divers projets ou collaborations. « Actuellement, l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université Laval et l’Université McGill font déjà des recherches sur le territoire pour toutes sortes d’études en lien avec l’environnement. Elles ont donc manifesté leur intérêt d’avoir un pied à terre ici », révèle Alain Goyette, qui souligne toutefois qu’aucune entente n’a été convenue pour le moment dans ce sens.

Jean Castonguay voit aussi d’un bon œil des ententes avec des organisations qui proposent des activités similaires à la SCIRBI et qui partagent les mêmes valeurs qu’elle. Il donne comme exemple l’initiative La route bleue, qui permet l’accès à des circuits nautiques à travers le Québec. « Même si nous n’avons pas d’endroits de mise à l’eau sur nos terres, nous pourrions nous joindre à eux pour faciliter le passage de petites embarcations comme des canots ou des kayaks », visualise le président de l’organisme.

Les visiteurs du parc devront être patients pour voir l’élaboration de ce genre de projets. Entre-temps, M. Castonguay assure que ses bénévoles poursuivront leurs efforts afin d’offrir un site de plein air amusant et respectueux de l’environnement : « C’est notre mission. Cela a toujours été notre mandat et nous allons continuer de le faire ».

Pour connaitre les horaires et les tarifs des activités présentées par la SCIRBI : scirbi.org/.

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