Des étudiants plus nombreux, des espaces limités

Les établissements du Cégep de Lanaudière. (Photo gracieuseté - Cégep de Lanaudière)
Les établissements du Cégep de Lanaudière. (Photo gracieuseté – Cégep de Lanaudière)

Une grande proportion de 25 ans et moins et des programmes attrayants ne sont que quelques raisons qui expliquent la hausse du nombre d’étudiants dans les trois établissements du Cégep de Lanaudière. La directrice générale de l’organisation, Geneviève Perreault, applaudit cette nouvelle, mais confie que son équipe et elle doivent faire preuve de créativité dans le but d’accueillir tous ces jeunes alors que les espaces manquent.

« Pour les trois établissements, entre 2023 et 2026, nous sommes à une moyenne de 31,7 % d’augmentation de notre population étudiante », précise d’entrée de jeu Mme Perreault. Ainsi, le collège de Joliette connait une hausse de 30,2 %, celui de Terrebonne 28 % et celui de L’Assomption 36,9 %.

Le Cégep de Lanaudière prévoyait cette situation puisque les années 2000 ont connu un petit « baby-boom » au sein de la région, particulièrement dans le sud. « Nous avons commencé à accueillir ces jeunes et ça concorde avec le début des augmentations », remarque la directrice générale. De plus, une migration de personnes en provenance de Montréal a contribué à une plus forte fréquentation des cégeps lanaudois.

Geneviève Perreault rapporte également que des programmes, comme la Technique d’inhalothérapie à L’Assomption, sont victimes de leur succès alors qu’ils attirent bon nombre d’inscriptions : « Nous nous attendions à un groupe, mais nous avons eu tellement de demandes que nous avons dû refuser des étudiants. » D’autres formations reçoivent davantage de candidatures telles que Science de la nature, Génie électrique, Soins infirmiers, la Technique d’hygiène dentaire ou encore celle d’éducation spécialisée.

Cette croissance s’explique aussi par un retour aux études de plusieurs personnes en lien avec le contexte économique difficile au Québec. « Durant la pandémie, le marché demandait beaucoup de travailleurs. Certains jeunes se disaient qu’ils allaient aller travailler et qu’ils reviendraient [poursuivre leur scolarité] plus tard. Maintenant, c’est l’inverse que l’on voit », explique Mme Perreault.

Pour toutes ces raisons, les collèges dénombrent plus d’étudiants, mais sont souvent contraints d’en refuser, faute d’espaces.

Plus de mètres carrés nécessaires

Avec un total de 7600 collégiens recensés au début de la session d’automne, les établissements ont atteint leur capacité maximale pour accueillir les cégépiens. À l’époque, plusieurs d’entre eux quittaient leur programme au début des cours, mais cette tendance n’est plus aussi marquée maintenant. « Nous perdons beaucoup moins d’étudiants le premier jour de classe et lors de la date officielle de désinscription parce que les places sont limitées dans le réseau et les jeunes le savent », relate Geneviève Perreault. Elle observe que les cégépiens font preuve de plus de persévérance pour demeurer dans leurs formations.

Pour la directrice générale, cette hausse de la population étudiante est une bonne nouvelle, mais le problème principal est qu’il manque « des mètres carrés supplémentaires » pour accueillir tout le monde. L’institution a mis en place des mesures et a apporté des changements pour améliorer la situation : « Nous avons été très créatifs! » Par exemple, une plage horaire de cours a été ajoutée à chaque jour dans deux collèges constituants. Le nombre de places intérieures a également été revu dans le but d’optimiser les lieux. Mme Perreault indique toutefois que cela « peut avoir un impact sur le milieu de vie puisque, parfois, il faut supprimer des espaces collectifs au bénéfice de classes ou de laboratoires ». Du côté de Terrebonne, un nouveau pavillon a cependant été construit, permettant l’ajout de salles supplémentaires.

« Nous sommes très heureux de pouvoir offrir de la formation et d’accueillir plus de jeunes, ça c’est sûr. Et nous faisons tout pour en admettre le plus possible parce que c’est notre mission première », assure la directrice générale du Cégep de Lanaudière. Celle-ci admet cependant que le problème vient du temps que cela prend pour mettre des initiatives en place.

Geneviève Perreault assure en terminant que des réflexions sont en cours avec le ministère de l’Éducation supérieure dans cette optique et elle perçoit une grande ouverture de la part de l’organisation : « Nous voyons qu’ils sont à l’écoute et je croise les doigts qu’après les prochaines élections, les élus vont poursuivre le travail et les discussions déjà amorcés. »

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