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05 avril 2019

Pierre Bellemare - pbellemare@lexismedia.ca

Un pincement au cœur pour les Moniales Dominicaines

Vente du monastère

monastère des Moniales Dominicaines

©Pierre Bellemare - L'Action d'Autray

Le monastère a été construit en deux étapes.

CULTURE. Le stylo a été lourd de sens pour les Moniales Dominicaines, le 29 mars dernier. Elles ont tourné la page après quelque 85 ans d’histoire en vendant leur monastère de Berthierville.

Prieure du monastère, Micheline Turcotte mentionne avoir ressenti un pincement au cœur en signant les documents. «C’est la dernière chose qu’on aurait voulu. C’était très beau au monastère», a-t-elle mentionné.

Tout fait

Ayant déjà été 45 à y loger, l’imposante bâtisse était devenue trop grande pour la congrégation religieuse. Elles n’étaient plus que 13 lors du déménagement vers Shawinigan, en 2012.

«On a essayé toutes les possibilités. C’est la dernière chose qu’on voulait. C’est un très beau bâtiment. Mais il n’y a pas eu moyen de le conserver, de lui trouver une nouvelle vocation. On a vraiment tout essayé», a affirmé Sr. Turcotte.

Elle a signalé que les coûts d’entretien de l’immeuble étaient importants.

«Il a été très correct avec nous», a-t-elle dit en regard d’André Saint-Martin de Construction Germain Saint-Martin, l’entreprise qui a acheté le monastère. Il n’a pas caché que la bâtisse serait démolie et qu’il voulait faire un développement domiciliaire.

Un peu d’histoire

C’est le 17 octobre 1931 que les Moniales Dominicaines ont fait l’acquisition du terrain où prend place le monastère. La communauté devenant plus nombreuse, la première partie du monastère en façade fut construite et bénite par Mgr. Papineau, évêque Joliette, le 8 avril 1934. La communauté s’y transporta le 25 avril.

La construction de l’aide sud-ouest, en 1950, nécessita le transfert du premier cimetière ouvert en 1934. La bénédiction du nouveau cimetière eut lieu le 1er octobre 1955 et les restes des quatre premières Moniales y furent transférés.

En 1963, les Moniales ont eu la joie de voir leur monastère achevé.

Il faut souligner l’aide importante que le monastère de Berthier, de 1960 à 2000, a fourni à d’autres monastères des Moniales Dominicaines qui lui en ont fait la demande.

En 1993, le chœur des Moniales et la chapelle extérieure furent enrichis de vitraux confectionnés par le maître-verrier Olivier Ferland et son associé, Guy Cauffopé.

Les informations historiques sont tirées d’une brochure réalisée par l’historien berthelais Jacques Rainville, en 2012; année du départ de Berthierville des Moniales Dominicaines.

Commentaires

5 avril 2019

Jacques Paquin

c'est un besoin viscéral pour l'homme de tout détruire sur son passage. On est à l'ère de l'usage unique, acheter, utiliser une fois, jeter. La terre s'épuise, les dépotoirs débordent, viva money !

6 avril 2019

Ghislaine Seguin

pourquoi ne pas intégrer cette si belle bâtisse dans un complexe domiciliaire, les constructions de ce temps-là étaient beaucoup plus de qualité que celles d'aujourd'hui,

7 avril 2019

Éric Champagne

À PROPOS DE L’ÉVENTUELLE DESTRUCTION DU MONASTÈRE DES DOMINICAINES À BERTHIERVILLE… Tout d’abord je tiens à souligner que je suis un résident de Berthierville. J’y suis né, j’y demeure et mon emploi est à Berthierville. J’ai appris tout récemment, en même temps que mes concitoyens berthelais, la destruction imminente du monastère. Ce n’est pas tant la surprise que la désolation qui m’a envahit en apprenant cette nouvelle. L’histoire navrante va se répéter peut-être encore une fois dans notre municipalité comme partout d’ailleurs au Québec. Au moment où vous lirez ces lignes, un sursis de 30 jours a été prononcé par Madame la Ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy. Ce monastère, d’une valeur exceptionnelle selon la firme de consultants en patrimoine Bergeron Gagnon, qui a pondu un répertoire de notre patrimoine bâti pour la MRC d’Autray en 2013, fait partie de notre paysage berthelais depuis les années 30. Il est devenu avec le temps un monument identitaire pour la municipalité comme le stade olympique l’est pour Montréal et le château Frontenac pour Québec. Quel berthelais ne connait pas cet imposant bâtiment unique de style roman? Il est d’ailleurs le seul bâtiment institutionnel, avec le Foyer du Sacré-Cœur, toujours debout à Berthierville. Il y a 50 ou 60 ans, le territoire de ma municipalité en comptait plusieurs mais au fil du temps, incendie et destructions ont eu raison de ces édifices importants. Qu’on se le tienne pour dit, je ne suis pas contre le développement domiciliaire à Berthierville. Au contraire, je suis heureux de voir ma municipalité se développer et compter de nouveaux citoyens. Une municipalité doit évoluer et va se modifier avec le temps et doit s’adapter constamment. Mais là où s’arrête ma complaisance c’est quand ce développement se fait su détriment du patrimoine bâti. On ne compte plus les histoires d’horreur de destruction parfois sauvages de bâtiments remarquables et même identitaires qui surviennent presque à chaque année au Québec. Pour plusieurs, modernité doit rimer avec destruction du passé. La conservation et la reconversion de ce type de bâtiment pose de nombreux défis aux municipalités. Certes, il faut y mettre beaucoup d’effort, de créativité et d’argent dans ce type de projet. Mais l’effort en vaut souvent la peine. Ce type de projet de reconversion ou de réinsertion, selon le cas, peut amener une revitalisation de tout un quartier et générer par ce fait, une activité économique souhaitable. Il existe près de chez-nous des exemples de bâtiments conventuels qui ont été « réutilisés » à d’autres fins que leurs fonctions d’origine. Près de chez-nous on peut penser au Foyer du Sacré-Cœur reconvertit en HLM. L’ancien Palais de Justice de L’assomption où on retrouve une salle de réception, de spectacle et des chambres louées. Tjrs à L’Assomption, le couvent des Sœur de la Congrégation de Notre-Dame convertit en maison de la Culture, en bureaux administratifs et en bibliothèque municipale. Plus récemment, le Monastères des Augustines à Québec où y trouve présentement, en plus d’un musée, un hôtel, des boutiques et des services liés à la santé. Il existe donc des exemples partout au Québec où on a reconverti des grands bâtiments. Encore une fois, il faut avant tout une grande volonté de préserver ce patrimoine et d’investir dans ces lieux chargés de mémoire. Les promoteurs investissent des sommes considérables pour développer leur projet. Pourquoi ne pourraient-ils pas investir un peu pour préserver et intégrer le peu qu’il nous reste en patrimoine bâti? Ce monastère ne pourrait-il pas être inséré à un nouveau projet domiciliaire quitte à sacrifier 1 ou 2 sections? Pourrait-on y mettre des bureaux administratifs? Pourrait-on transformer une section du monastère en résidence pour personnes âgées qui bénéficieraient d’un bel environnement calme et paisible? Le terrain des Moniales et immense, il serait raisonnable de penser qu’il peut y avoir place pour les bâtiments à construire et le bâtiment ancien. Malgré ses 300 ans d’histoire, que va devenir Berthierville si on détruit tous ses monuments anciens? Une ville banale, sans âme? Ce qui fait la spécificité et même la beauté d’une ville c’est souvent ses quartiers historiques, ses vieux monuments. À ce rythme, Berthierville aura perdu beaucoup de son patrimoine bâti et ce qui en restera, se résumera à une pognée de maisons anciennes sise sur la rue De Frontenac et De Montcalm, maisons heureusement protégées par un PIIA. D’ici quelque temps on ne pourra plus montrer à nos enfants ni le patrimoine ni l’histoire locale que par le biais de photos et rien d’autres car il ne restera plus rien. Le monastère est en sursis jusqu’au début du mois de mai. D’ici là, admirons le bâtiment, prenons-le en photo malgré la présence de gros conteneurs tout autour du monument historique. J’ai peu d’espoir du sort du monastère devant la pression du développement. J’espère au moins qu’on n’aura pas l’indécence de nommer ce nouveau projet domiciliaire : « le domaine des Moniales ». Éric Champagne

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