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02 octobre 2019

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Plaidoyer pour l’importance des commissaires scolaires

Réforme de la gouvernance scolaire

Michel Forget

©Photo archives - L'Action d'Autray

Michel Forget, président de la Commission scolaire des Samares.

Dans la foulée de la volonté gouvernementale de réformer la gouvernance scolaire et éventuellement d’abolir les commissions et les élections scolaires, peu de voix semblent s’élever à la défense de ces institutions jugées à tort ou raison inefficaces et inutiles par une partie importante de la population. Le 1er octobre dernier, le gouvernement Legault a d’ailleurs déposé un projet de loi en ce sens qui vise la transformation de ces institutions en centres de services. Quelque temps avant le dépôt du projet de loi, l’Action s’est entretenu avec le président des Samares, Michel Forget, afin d’exposer le point de vue d’un acteur du milieu. 

Élu commissaire en 1989 au sein de la défunte commission scolaire Berthier-Nord-Joli, l’homme qui est aujourd’hui président de la Commission scolaire des Samares a vécu plusieurs bouleversements, réformes et tentatives de réforme du monde scolaire au cours des 30 dernières années. Il a également assisté au regroupement des trois commissions scolaires du nord de Lanaudière pour former l’actuelle Commission des Samares en 1997. D’autres changements importants semblent maintenant pointer à l’horizon. Malgré la volonté du gouvernement Legault d’abolir les élections scolaires et de transformer les commissions en centres de services, M. Forget réitère l’importance de cette institution et surtout, du rôle du commissaire.  

Selon M. Forget, une commission scolaire a pour objectif principal de favoriser la réussite scolaire des jeunes et des adultes. Elle favorise cette réussite en coordonnant les ressources humaines, matérielles et financières pour les diverses écoles et maisons d’enseignement sur son territoire. Elle voit à l’application du régime pédagogique et à la coordination du transport. «Le transport représente un réel défi. Notre territoire est immense et chaque jour, les autobus parcourent un réseau de 42 500 km. Je me plais à dire que chaque jour on fait le tour de la terre» dit-il à la blague. Ce sont des fonctions qui, selon lui, ne peuvent être assumées directement le ministère de l’Éducation, encore moins individuellement par les écoles. Il poursuit en précisant que le rôle des commissaires est d’attribuer les budgets et d’assurer un partage équitable des ressources dans les diverses communautés de la commission scolaire.  

M. Forget estime qu’une abolition de cette institution et sa transformation en centres de services seraient néfastes et entraîneraient une centralisation des pouvoirs à Québec au détriment des réalités et spécificités locales. «Dans bien des municipalités, l’école représente le cœur de la communauté et c’est important que les décisions concernant la gestion des écoles se prennent au niveau local et non à Québec» indique-t-il. En ce qui a trait aux commissaires élus, M. Forget estime qu’il est nécessaire de les maintenir, car ils assurent une représentation démocratique et locale. «Un commissaire élu est la personne la mieux placée pour comprendre les besoins scolaires dans sa communauté et être à l’écoute des citoyens et des parents. Nous sommes près de nos citoyens afin de leur rendre des comptes » précise M. Forget.  

Concernant les critiques des commissions scolaires et le très faible taux de participation aux élections, M. Forget l’explique en partie par le manque de valorisation des élus scolaires et l’absence de promotion de leur rôle et de leur travail. En ce qui a trait à la gouvernance, il souligne que des améliorations peuvent être faites, mais il rappelle que les décisions sont prises en toute transparence et que les séances du comité exécutif sont ouvertes au public.  

Au-delà des réformes de structure, M. Forget réitère l’importance de revenir à l’essentiel, soit le succès de l’éducation et de la réussite scolaire. Pour ce dernier, ces deux priorités sont au cœur de l’engagement et de l’action des commissaires.  

Réaction au dépôt de projet de loi: « Un recul pour la démocratie » 

«La démocratie scolaire, telle qu’on la connaît avec les élections scolaires, permet aux Québécois de s’approprier la gouvernance du réseau et de ne pas rapatrier des pouvoirs au ministère. Un gouvernement ne peut pas prétendre vouloir valoriser la participation citoyenne d’un côté et de l’autre côté, retirer un droit de vote à ces mêmes citoyens » a souligné M. Forget le 2 octobre dernier par voie de communiqué suite au dépôt du projet de loi. Le conseil des commissaires des Samares s’est d’ailleurs clairement opposé au projet de loi du gouvernement du Québec et y voit un recul pour la démocratie.  

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