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21 février 2020

Grande séduction et immigration : un échec pour notre MRC

Lettre ouverte

Population vieillissante, exode des travailleurs, immigration et pénurie de main d’oeuvre : la MRC de D’Autray, malgré les efforts déployés, doit réviser son approche.

Le 10 décembre dernier, entreprises, élus municipaux et représentants d’organismes oeuvrant à la migration des chercheurs d’emplois se sont regroupés grâce à l’initiative des projets Place aux Jeunes et Contact du Carrefour jeunesse-emploi de D’Autray-Joliette afin de discuter de la rareté de main d’oeuvre. Si je salue l’initiative, en termes d’actions concrètes, la MRC de D’Autray est un piètre coureur dans cette rivalité régionale de grande séduction des travailleurs étrangers.


Pourtant, en 2009, emploi Québec exposait déjà la problématique de la pénurie de main d’oeuvre dans un rapport sur le marché du travail de la MRC soulignant que le taux de natalité et l’apport d’immigration étaient trop faibles pour le renouvellement de la main d’oeuvre à long terme et que, si cette évolution démographique se maintenait, elle se traduirait par un accroissement des difficultés de recrutement dans les entreprises du territoire. Dix ans plus tard, le réveil est brutal. À la population vieillissante, s’est ajouté l’exode des travailleurs vers les centres urbains et le faible taux de rétention des nouveaux arrivants. Ainsi, la croissance démographique chez les immigrants de la MRC a été inférieure à celle des immigrants de Lanaudière dans les dernières années. Subséquemment, à cause du manque de personnel, les entreprises sont acculées par les pertes de profit engendrées par leur incapacité à assurer une production ou des services soutenus.


La MRC paie les conséquences de son incapacité à croiser le fer avec les nombreux obstacles de la réalité immigrante. Action Famille Lavaltrie, dans le cadre du pacte rural 2007-2014, avait pourtant dépeint un riche portrait des défis à relever dans ce dossier. Que ce soit pour l’accessibilité de l’information, les services d’intégration et point de services (RAMQ, Service Canada…), le transport en commun, la recherche d’emploi, la scolarisation ou la barrière de la langue : la métropole est favorisée. L’immigration n’est pas une chose aisée, c’est un processus coûteux, lourdement bureaucratique, complexe et pouvant mener à l’isolement. Cela peut rapidement s’avérer cauchemardesque pour les nouveaux arrivants naviguant dans les acronymes institutionnels lorsqu’ils ne sont pas épaulés adéquatement. De leur côté, pour les employeurs et la communauté d’accueil, des notions telles que réfugié, demandeur d’asile, travailleur qualifié, parrainé, certificat de Sélection Québec ou encore les critères de sélection exigés par le MICC sont totalement inconnues.


Des ressources existent pour répondre à certaines de ces problématiques. Elles sont principalement offertes par des organismes locaux ou la Commission scolaire des Samares sans toutefois être répartis également sur le territoire de la MRC ou que cette dernière assure un réseau communicationnel efficace entre les services et les principaux concernés. Ce n’est pas qu’une question pratique, c’est une question de marketing et les autres MRC ont une longueur d’avance. Ainsi, la MRC des Pays-d'en-Haut propose sur sa plateforme en ligne des trousses d’information et un accompagnement de demandes. De son côté, celle de Montmagny suggère des rencontres individuelles avec une conseillère afin d’obtenir des renseignements, une aide à l’installation (logement; garderie; soutien pour les documents importants) ou des activités d’intégration. De plus, la CLD de la région Rivière-du-Loup octroie des services en immigration pour les particuliers, entreprises et les organismes depuis 2003 et la MRC de l’Assomption a créé le Service d’aide à la famille immigrante (SAFIMA) en 2009. Bien sûr, toutes ces initiatives sont facilement accessibles en quelques clics. Inversement, la plateforme de la MRC de D’Autray n’offre aucune section dédiée à l’immigration ou aux attraits de s’installer sur son territoire.


À moins de grands changements, il est donc peu probable que la pénurie de main d’oeuvre se résorbe. Bien sûr, les entreprises ont aussi leur rôle à jouer Pour faire face au resserrement du marché, une augmentation des avantages salariaux est un atout, mais la compétitivité est laborieuse pour les plus petites d’entre elles. De plus, si une corporation telle qu’Olymel peut avoir recours à des services privés tels que des agents de recrutement et d’immigration, je doute que cela soit le cas de la majorité des entreprises.


L’heure n’est plus aux consultations, mais à l’action.


La MRC doit mettre sur pied un comité de travail sur l’immigration impliquant les municipalités, offrir un réseau de soutien aux nouveaux arrivants et rendre l’information plus accessible sur ses différentes plateformes.
Marianne Bergeron Étudiante à la maîtrise en science politique – Cheminement professionnel en affaires publiques et internationales à l’Université de Montréal

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