Avis de décès Classées Édition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Tribune libre

Retour

15 avril 2020

Et si pandémie rimait avec reconnaissance

Faire autrement

Depuis des décennies, les organismes communautaires demandent une véritable reconnaissance des gouvernements, une reconnaissance qui s’exprime, entre autres, par un financement adéquat afin d’agir dans leur milieu, souvent auprès des personnes les plus vulnérables.

Et si cette pandémie permettait de vraiment reconnaître les groupes communautaires et de les financer adéquatement: soudainement, ils sont très importants même incontournables, soudainement il y a du financement disponible pour eux et certains sont même devenus des services essentiels car, comme le dit si bien le premier ministre M. François Legault, on doit s’assurer, entre autres, que tout le monde mange.

La conjoncture actuelle a fait en sorte que le ¨faire autrement¨ s’est inséré rapidement dans le quotidien de plusieurs organisations, de beaucoup d’individus. ¨Le faire autrement¨ c’est l’essence même d’un groupe communautaire et, dépendamment de la mission de chacun, il prend différentes formes telles que:

- Soutenir un parent, non pas en lui montrant comment bien faire, mais en l’amenant à découvrir ses forces et à les utiliser pour accompagner son enfant

- amener des jeunes à vivre des succès, à sentir qu’ils sont capables même si leur parcours scolaire est difficile

- accompagner un adulte qui a un problème de santé mentale

- héberger et soutenir des personnes contrevenantes

- refléter à un adulte que, même s’il a vécu de nombreux échecs scolaires, c’est encore possible de faire des apprentissages

- permettre à un adulte qui a une faible estime de soi de se découvrir positivement, de réaliser qu’il peut améliorer sa vie

- faciliter l’intégration d’une personne immigrante en respectant sa réalité, en l’outillant pour qu’elle puisse mieux comprendre son milieu…

Et beaucoup d’autres exemples…

Les organismes communautaires sont solidement et solidairement implantés dans leur milieu et font contrepoids à la culture institutionnelle qui n’est pas toujours accessible et ouverte à toutes et à tous. Ils offrent une autre réponse, basée sur une lecture différente des réalités, sur des valeurs qui placent l’humain au cœur de toute intervention mettant à contribution ses forces afin de le soutenir dans le développement de son propre pouvoir d’agir.

Le ¨faire autrement¨, c’est le quotidien de bon nombre d’organismes car ils doivent répondre à des besoins importants de leur milieu, adapter leurs interventions à la réalité de chaque personne tout en gérant un financement insuffisant.

Certains diront que des organismes bénéficient de l’implication de plusieurs bénévoles: oui, c’est une richesse dans bien des milieux mais c’est aussi le piège dans lequel beaucoup de décideurs appuient leur soutien financier. Les bénévoles sont importants et réalisent plusieurs tâches mais ils requièrent le soutien de travailleuses et de travailleurs afin d’agir justement dans le respect des valeurs sur lesquelles reposent l’action communautaire. De plus, ils sont de passage, c’est pourquoi les organismes doivent avoir des équipes de travailleuses, de travailleurs stables et surtout bien rémunérés.

De plus en plus, les problématiques, tant individuelles que collectives, sont complexes et exigent des interventions adaptées qui demandent connaissances, savoirs et ouverture à divers niveaux. Il est important que tous les milieux bénéficient d’une diversité de ressources, qu’elles soient accessibles, capables d’inverser le mouvement soit d’aller vers les personnes et non pas d’attendre que les personnes viennent à elles : ces sont des forces des organismes communautaires.

Et oui, après cette pandémie notre monde aura changé, et souhaitons que les décideurs auront cheminé et qu’ils reconnaîtront les organismes communautaires pour leur professionnalisme, leur diversité d’actions qui permettent à des milliers de personnes, dans tout le Québec, d’accéder à un monde meilleur.

Solange Tougas, coordonnatrice Groupe Déclic de Berthierville

Raymond Charlebois, centre résidentiel communautaire de Joliette-Lanaudière

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média