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06 avril 2022

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Cri du cœur d’un Lanaudois pour faire reconnaitre la Covid longue durée

« Tout ce que je souhaite, c’est de retourner travailler »

En date du 26 janvier deux nouveaux décès

©gracieuseté Unsplash

La Covid longue durée touche plusieurs personnes au Québec, mais il existe peu de données sur la proportion de la population qui en est atteinte.

Infecté par la Covid-19 au début de la pandémie, le résident de Saint-Ignace-de-Loyola, Patrick Latour, ressent encore aujourd’hui des effets chroniques du virus. Communément appelée la Covid longue durée, cette maladie n’est pas encore reconnue au Québec, ce qui pose de multiples problèmes à M. Latour. Ce dernier a donc lancé une pétition dans l’espoir de sensibiliser le gouvernement à cette problématique et de pouvoir retrouver une certaine vie normale.

Le virus de la Covid-19 a sévèrement touché le quinquagénaire Patrick Latour. En date du 1er avril 2020, le Loyolois a ressenti ses premiers symptômes qui l’ont forcé à être hospitalisé à deux reprises, la première au Centre hospitalier De Lanaudière et la deuxième à l’hôpital Pierre-Le Gardeur. Il est resté pendant dix jours aux soins intermédiaires, considérés comme la dernière étape avant d’être envoyé aux soins intensifs.

À son retour chez lui, sa santé était tout de même fragile. « J’étais dans un état pitoyable. J’étais très faible, je n’avais aucune énergie. Je n’étais même plus capable de prendre une douche et de dormir en position couchée », se rappelle M. Latour.

En voyant que son état ne s’améliorait pas, son médecin lui a ordonné de recommencer ses activités quotidiennes. L’homme s’est donc affairé à passer la tondeuse, mais c’est à ce moment qu’il a ressenti une douleur inquiétante. À la suite d’une série de tests, Patrick Latour a su que certaines de ses artères étaient bouchées. Il a donc dû subir trois pontages à l’Institut de cardiologie de Montréal pour régler le problème, qu'il soupçonne être une conséquence de la Covid-19.

À l’heure actuelle, le résident de Saint-Ignace-de-Loyola vit toujours avec les séquelles du virus. Il reconnait avoir des essoufflements, des hausses au niveau de son rythme cardiaque et observe parfois des « flous cérébraux » qui le contraignent à chercher régulièrement ses mots. « Après deux ans, il aurait dû y avoir une amélioration beaucoup plus marquée pour faire en sorte que je puisse retrouver mon travail et profiter de ma vie personnelle », se désole-t-il.

Patrick Latour

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

Sécurité financière

Patrick Latour travaillait pour Rio Tinto à Sorel-Tracy depuis près d’une vingtaine d’années et n’a pu y retourner à la suite de l’apparition de ses symptômes. La compagnie craint de ne pas pouvoir protéger son emploi à cause de son absence et l’assurance-maladie de M. Latour est sur le point de prendre fin. « Les assureurs se basent sur les critères d’invalidité de la Régie des rentes du Québec. Donc, si elle ne reconnait pas votre invalidité, l’assurance privée ne payera plus », déplore le Loyolois. La Covid longue durée n’est pas officiellement considérée par le gouvernement du Québec comme une maladie invalidante, ce qui empêche M. Latour d’avoir accès à l’aide de la Régie.

Selon le résident de Saint-Ignace-de-Loyola, cette reconnaissance apporterait un plus grand sentiment de sécurité pour lui et pour toutes les personnes dans la même situation : « Ce n’est pas d’être reconnue comme une personne invalide qui est important, c’est d’avoir une sécurité financière et d’assurer celle de nos familles ». Il espère d’ailleurs que le gouvernement recommandera aux employeurs de reprendre leurs employés atteints de la Covid longue durée en leur proposant un nombre d’heures réduites. « Tout ce que je souhaite, c’est de retourner travailler », désire M. Latour.

Ce dernier a demandé l’aide de la députée de Joliette, Véronique Hivon, dans le but de rédiger une pétition intitulée Reconnaissance de la COVID longue comme maladie pouvant mener à l’invalidité. Mme Hivon déclare avoir été contactée à plusieurs reprises par des gens souffrant de la Covid longue et qui ont été contraints de s’absenter de leur travail ou qui ont dû le quitter : « Je me suis donc empressée de dire oui! » Le document a été déposé devant l’Assemblée nationale du Québec le 15 février 2022 et compte jusqu’à maintenant plus de 800 signatures.

Véronique Hivon

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

La députée de Joliette, Véronique Hivon, marraine cette pétition qui exige une reconnaissance de la Covid longue au Québec.

La pétition se veut un moyen pour les Québécois victimes de la Covid longue d’être soutenus et protégés. L’Organisation mondiale de la santé estime que 10 % à 20 % des patients qui contractent le virus présentent des symptômes persistants. Au Québec, toutefois, il n’existe aucune donnée pour quantifier le nombre de personnes dans cette même situation. « Je déplore cela et j’interpelle le gouvernement à montrer plus de sensibilité à l’égard des personnes atteintes de la Covid longue. Parmi toutes les conférences de presse qui ont été faites, il n’y en a jamais eu une consacrée à ce sujet », observe Véronique Hivon.

Les prochaines étapes consistent à présenter la pétition en Chambre. Puis, des personnes concernées par la pétition et des experts pourraient être appelés à témoigner en faveur du document en Commission parlementaire. Mme Hivon espère donc que le gouvernement entendra les cris du cœur des citoyens. Elle souhaite qu’il y ait une reconnaissance de la maladie afin que les personnes touchées puissent bénéficier de prestations distribuées par la Régie des rentes du Québec et qu’elles aient accès à un programme général de soutien.

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