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22 décembre 2022

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Des entreprises innovantes qui améliorent le quotidien des ainés

Nouvelles technologies aux Habitations Bordeleau

Gérontechnologie

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

Sébastien Buisson, Marie-Michèle Lord, Keaven Martin, Fondateur d’Evey, ainsi que Nicolas Framery.

Pour répondre aux enjeux du vieillissement de la population, les Habitations Bordeleau ont décidé de servir de « microlab » pour développer des technologies destinées aux ainés au sein de leurs résidences. En collaboration avec le Living Lab Lanaudière et le Centre de recherche de l’UQTR, elles ont réuni quelques start-ups qui ont pu présenter leurs innovations et les bienfaits qui en découlent.

Pour mettre en place de nouvelles technologies qui viendraient améliorer le quotidien des ainés, Saint-Charles-Borromée était le territoire tout indiqué. En effet, les Habitations Bordeleau rapportent qu’il s’agit de la ville du Québec qui affiche le plus haut taux de personnes âgées de 85 ans et plus. En plus de constater ce vieillissement de la population, le directeur général adjoint, Sébastien Buisson, remarque que les conditions de travail des employés du domaine de la santé, la difficulté d’approvisionnement et la pénurie de main-d’œuvre posent d’importants problèmes. Il s’est donc tourné vers le Living Lab Lanaudière et d’autres partenaires pour tenter d’améliorer la situation par l’entremise des technologies: « La mission des Habitations Bordeleau est de devenir le chef de file en services aux ainés au Québec. »

Le groupe de RPA a donc voulu être un « microlab », soit un lieu où divers projets-pilotes pourraient être testés sur le terrain. À la base, ces innovations bénéficiaient un peu plus aux employés. Par exemple, ces derniers ont pu essayer un scanneur de médicaments pour réduire les erreurs de distribution. Par la suite, des technologies destinées aux ainés ont été implantées. « Nous avons intégré les résidents dans notre projet et maintenant j’ai une liste d’attente de personnes qui veulent tester les technologies », s’enthousiasme M. Buisson.

La chercheuse au Centre de recherche de l’université de Trois-Rivières UQTR, Marie-Michèle Lord, a également fait équipe avec les Habitations Bordeleau pour implanter différents projets conçus selon les besoins sur le terrain. Alors que des ainés ne sortaient plus de leur résidence même après la pandémie, Mme Lord raconte qu’un appareil de réalité virtuelle a été mis à la disposition des ainés afin qu’ils puissent assister à des spectacles. En collaborant avec le Living Lab, d’autres idées ont été conçues pour combler un ensemble de besoins auprès de multiples partenaires. « Nous essayons de ne pas répondre qu’aux besoins du CISSS de Lanaudière ou de la FADOQ. Nous recherchons ce qui pourrait aider collectivement », explique la chercheuse. Les besoins qui demandent à être comblés concernent maintenant les proches aidants : « Ils sont à bout de souffle et il n’y a pas assez de main-d’œuvre dans le communautaire et le réseau de la santé pour les aider. » Mme Lord et ses partenaires travaillent donc de concert pour développer de nouvelles idées qui viendraient combler les besoins des ainés et de leurs proches. Même si le projet est colossal, elle considère que Lanaudière est une région où il est facile « de décloisonner les différents secteurs pour travailler ensemble ».

Start-ups

©Jason Joly - L'Action d'Autray

Plusieurs start-ups se sont regroupées ont présenté les projets en gérontechnologie sur lesquels elles ont travaillé.

Des innovations aux diverses utilités

Lors de cette rencontre mise en place le 13 décembre à l’hôtel de ville de Saint-Charles-Borromée, plusieurs start-ups ont montré les idées ou produits qu'elles ont conçus. Quelques-unes s’entendent déjà avec les Habitations Bordeleau pour essayer leur innovation auprès des résidents. L’entreprise Evey est l’une des plus importantes puisqu’elle a créé un système qui a entièrement été intégré à la nouvelle résidence située au 125 rue Roméo-Gaudeault, considérée comme la première RPA intelligente au monde. Cette technologie contrôle divers paramètres dans les appartements des résidents, dont le chauffage et les lumières de l’unité. En plus de se conformer aux préférences des occupants, elle adopte des habitudes pour économiser la consommation d’énergie.

Le système a également son utilité au niveau de la sécurité. Des consoles, semblables à des boitiers de thermostat, sont collées à un mur de chaque pièce et sont composées de capteurs de mouvement. Ainsi, si un occupant fait une chute, le système remarquera que la personne est immobile et enverra une alerte pour qu’un employé lui vienne en aide. Ce détecteur de mouvement a aussi été imaginé pour faciliter le travail des pompiers lors d’un exercice d’incendie. Sébastien Buisson explique que les répondants peuvent voir les chambres qui sont encore occupées à travers un écran et ainsi aller porter secours aux résidents dans le besoin. Le directeur général adjoint espérait ainsi éviter qu’un autre drame comme celui qui est arrivé à Hélène Rowley Hotte, la mère de Gilles Duceppe, ne se reproduise : « Evey est un projet qui va nous amener ailleurs et qui va faire de même pour les résidences pour ainés de demain », prédit M. Buisson.

D’autres start-ups telles que MedOClock était à l’événement. Sa co-fondatrice, Julie Magnan, présente son idée comme une application vouée aux proches aidants. Avec cet outil, ils pourront y inscrire les médicaments pris par la personne, ses prochains rendez-vous ainsi que ses cartes et documents médicaux. Étant elle-même proche aidante, Mme Magnan raconte avoir eu certains problèmes au niveau des listes de médicaments que prenait son père atteint de la maladie de Parkinson : « Ses médicaments changeaient presque chaque jour. C’était difficile à suivre. » Elle souhaite donc que l’application permette aux proches aidants d’être à jour et d’avoir l’esprit un peu plus libre.

La jeune compagnie Azimut Médical a aussi profité de cette occasion pour présenter son prototype, une ceinture anti-chute. Celle-ci déploie un coussin autour des hanches de la personne et les protège lors d’une chute. Selon l’entreprise, la moitié des ainés perdent leur mobilité à la suite d’une brisure de hanche. Azimut Médical a donc conçu ce projet-pilote qui est en cours d’essai par les résidents des Habitations Bordeleau.

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