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17 janvier 2024

Élise Brouillette - ebrouillette@medialo.ca

Léa Hains témoigne pour briser les tabous qui entourent l’anorexie

Poésie

Léa Hains

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

Léa Hains a utilisé la poésie pour démystifier le silence qui entoure l’anorexie

Au sein de son premier livre, Taille de petit poids, Léa Hains, résidente de Saint-Charles-Borromée, lève le voile sur un sujet délicat, l’anorexie, dans le but de faire tomber les silences et les tabous.

La jeune femme, âgée de 18 ans, qui a lutté contre cette maladie au cours des dernières années, livre un témoignage poignant de vérité au sujet des enjeux qui mènent à ce trouble alimentaire au cœur d’un recueil de poésie illustré.

En début d’ouvrage, le Dr Jean Wilkins signe la préface : « Il faut accueillir les mots de Léa avec une grande ouverture d’esprit, une affection profonde et croire en ses mots. Ceci est essentiel si on veut être utile auprès d’elle et de toutes les autres personnes qui souffrent d’anorexie à la période de l’adolescence. » 

En entrevue avec L’Action, Léa raconte que l’écriture de son recueil s’est faite avant et pendant son année de secondaire cinq, dans le but premier de se vider le cœur. Elle a toujours beaucoup lu, mais c’est vraiment au secondaire qu’elle a découvert la poésie. Ce style s’est littéralement imposé à elle. « Ça coulait, ça me venait spontanément. » Les écrits de Léa sont aussi accompagnés de dessins réalisés de sa main. Pour elle, qui adore le cinéma, il est important de joindre une image au texte.

Au sein de Taille de petit poids, la jeune femme raconte de quelle façon la maladie a pris naissance et s’est peu à peu infiltrée en elle de façon insidieuse. « Quand elle est débarquée dans ma vie, j’avais 14 ans. C’était en janvier de mon secondaire trois. La nouvelle année venait tout juste d’arriver et après avoir passé les dernières semaines à festoyer avec ma famille autour de la bonne bouffe du temps des Fêtes, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de reprendre ma vie en main », écrit-elle en introduction de son recueil.

Elle poursuit : « J’étais ado, mes formes de femme commençaient à se développer, j’avais eu une entrée au secondaire assez houleuse sur le plan social et même si je ne l’étais pas (quand même bien que je l’aurais été, cela n’aurait absolument rien changé à ma perception), je me trouvais grosse. TROP grosse. Dans ma tête, je prenais trop de place et j’ai senti le besoin de disparaître. Je me suis donc mise au vélo stationnaire avant de commencer la course. J’ai progressivement tourné le dos aux desserts et aux collations, au popcorn, au chocolat, à la pizza et à tout plein d’autres aliments que j’adorais pour me retrouver à ne manger l’équivalent que d’un repas par jour… Avant de goûter à deux hospitalisations. »

La jeune femme a justement commencé à écrire alors qu’elle était à l’hôpital. Au départ, il s’agissait vraiment d’une démarche intime, elle dissimulait même ses textes lorsque des gens arrivaient pour ne pas qu’ils les voient. Puis, l’idée de publier est venue. « J’espérais aider d’autres personnes qui vivent avec la maladie, je voulais qu’elles se sentent comprises. »

Son recueil de poésie permet, explique-t-elle, d’ouvrir une porte sur tout l’aspect psychologique de ce trouble alimentaire et de briser les tabous. « Ma mère m’a dit que ça lui aurait fait du bien de pouvoir lire un tel ouvrage. »

Léa Hains a personnellement édité son livre et elle confie que le processus fut empreint de plusieurs moments de doute. « Je voulais être certaine de faire les choses comme il faut. »

L’autrice a eu certains retours de lecteurs, notamment de connaissances qui sont malheureusement toujours aux prises avec cette maladie et elle raconte que son objectif d’aider les autres semble porter fruit. De son côté, elle affirme qu’elle va mieux. Elle vient de terminer sa première année en littérature au cégep. La publication de son livre l’aide notamment à changer la perception qu’elle a d’elle-même. « L’anorexie, c’est une quête d’identité. Avec mon livre, je voulais donner une clé et permettre aux gens de croire que c’est possible de guérir. J’aimerais dire aux personnes qui souffrent de cette maladie qu’elles sont courageuses et déterminées. Je leur suggère d’essayer de se trouver une activité qui leur fait du bien. »

Au début de son recueil, la jeune femme partage d’ailleurs : «  (…) je me suis enfin remise à mordre dans ma vie et il n’y a plus rien qui puisse m’arrêter, même pas l’anorexie. Parce que oui, après avoir mis ma vie sur pause pendant près de trois ans, après avoir été attachée à un lit d’hôpital 24h/24 pendant un total de huit semaines et après m’être dévorée tout rond en me faisant croire que c’était « pour mon bien », j’ai finalement décidé de tourner la page pour me remettre à fond dans de nouveaux projets de vie, une ambition bien plus emballante que l’anorexie ».

Léa Hains raconte que de son côté, lorsqu’elle écrivait, qui est une activité qu’elle aime, elle mangeait un biscuit, chose qui lui faisait peur. Ainsi, en jumelant le tout avec un moment plaisant, ça lui permettait de trouver de la force et du courage.

L’autrice est intéressée par tous les enjeux qui concernent le corps des femmes, la pression et la performance. Elle souligne d’ailleurs avoir d’autres projets en tête.

Il est possible de commander le livre de Léa Hains chez Hamster ou à la Librairie Martin.

Léa Hains

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

Léa Hains vient de publier son premier recueil de poésie à l’âge de 18 ans.

Léa Hains

©Photo gracieuseté - L'Action d'Autray

Présentation inspirée de celle des plateaux de repas servis à l’hôpital.

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