Des aînés boxent avec Kim Clavel

Photo Médialo- Mélissa Blouin
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Les résidents de la Maison Mémoire du Cœur ont eu la chance de vivre un atelier de boxe avec la championne du monde Kim Clavel. L’objectif, qui était de proposer une expérience unique à ces personnes âgées vivant avec la maladie d’Alzheimer, a été largement atteint et les fous rires étaient bien présents. « Peut-être que demain, ils ne s’en souviendront pas, mais aujourd’hui, ils ont bougé, ri, vécu un moment de joie et ça, c’est l’important! Ça m’a profondément marquée », a commenté Kim Clavel. 

C’est la mère de cette dernière, Linda Caron, qui a organisé la rencontre entre sa fille et les résidents de son milieu de travail. Bien que des activités se tiennent tous les jours à la Maison Mémoire du Cœur, une ambiance toute particulière régnait lors de celle-ci. « J’étais surprise de voir les résidents participer autant, ils ont tous voulu enfiler les gants de boxe et quelques-uns se donnaient vraiment », a commenté Mme Caron. 

Les participants, réunis au salon, ont tout d’abord visionné les dernières minutes du combat de Championnat du monde du 27 septembre dernier. Puis, la grande gagnante de celui-ci a fait une entrée spectaculaire sur la musique thème de Rocky. Soulevant sa ceinture de championne du monde de l’International Boxing Federation (IBF), elle a été accueillie sous une pluie d’applaudissements. 

« Ces sourires valent tout l’or du monde »  

Kim Clavel a pris le temps de demander le nom de chacun des résidents et de leur faire tenir son impressionnante ceinture. Un privilège que peu de gens auront au cours de leur vie. Les bases de la boxe ont ensuite été expliquées avec l’aide d’Élie, un jeune boxeur de 13 ans qui vit à Saint-Didace.  

Après avoir vu la position de base, pour bien frapper et se défendre, et fait un petit échauffement, les résidents ont pu se prêter au jeu. À tour de rôle, ils ont mis les gants et ont frappé dans les pads de la boxeuse professionnelle. Jab, direct, crochet, esquive, tous se sont exécutés avec beaucoup de plaisir. « Vous auriez fait une bonne boxeuse, vous avez l’air d’avoir du nerf », a mentionné Kim Clavel à une résidente qui prenait la tâche à cœur.  

Linda Caron a d’ailleurs été surprise par l’agilité de certains. M. Valois, qui est un grand sportif, était impressionnant, et de son côté, Mme Grenier était heureuse de pouvoir porter le peignoir de boxe de la double championne du monde. Entre deux jabs, Kim Clavel a même fait faire des pas de danse ou des additions à certains résidents. 

« L’Alzheimer, c’est un autre monde complètement, mais pendant l’atelier, c’était comme si la maladie n’existait plus, ils étaient dans le moment présent et remplis d’une belle joie de vivre ! Ces sourires valent tout l’or du monde ! »  

Photo Médialo- Mélissa Blouin
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Un parcours inspirant  

Kim Clavel en a profité pour rappeler les bienfaits de son sport qui aide à la coordination, à la concentration, qui demande de la stratégie et qui est aussi parfait pour se défouler. Rappelons que la Lanaudoise a voyagé à travers le monde avec l’équipe nationale de boxe et qu’elle a fait le saut chez les professionnels en 2019. Au total, elle a réalisé environ 120 combats. « Ça n’a pas toujours été facile, loin de là. Ça a demandé beaucoup d’efforts et de sacrifices, mais c’est ma passion ! »  

Les résidents étaient fascinés par son parcours et une dame en a profité pour lui dire qu’elle la trouvait inspirante. « En tant que femmes, ça nous honore et si j’étais plus jeune, peut-être que j’aurais le goût d’essayer ! » 

L’atelier s’est terminé par une période de questions. Mme Caron était ravie de voir à quel point sa fille avait réussi à capter l’intérêt des résidents du début à la fin. « Ce n’est pas toujours comme ça, ils ont tendance à décrocher rapidement. Mais là, je voyais qu’ils étaient attentifs! Il faut dire que Kim sait comment les mettre à l’aise! »  

Le fait de revenir à la Maison Mémoire du Cœur rappelait de beaux souvenirs à Kim Clavel qui a travaillé au sein de cet établissement de Saint-Charles-Borromée lorsqu’elle effectuait son cours pour devenir infirmière auxiliaire. « En plus, ma mère m’amenait ici quand j’avais dix ans et je l’aidais à donner la nourriture aux personnes âgées! » La boxeuse professionnelle a toujours trouvé que l’endroit était un magnifique milieu de vie. « Ils cuisinent ensemble, participent aux tâches et sont vraiment autonomes. Il y a une grande cour où ils peuvent faire des jardins l’été et ma mère organise toujours plein d’activités pour eux! » 

De son côté, Kim Clavel est en pause de boxe, puisqu’elle est enceinte d’environ 20 semaines d’un petit garçon. La résidente de Saint-Cuthbert continue toutefois de s’entraîner régulièrement.   

Photo Médialo- Mélissa Blouin

Questions des résidents 

  • Est-ce que ça fait mal aux mains quand tu donnes un coup ? Non, parce que nous sommes bien protégés au niveau des jointures, mais il y a quand même des risques de blessures.  
  • As-tu fait beaucoup d’entraînements avant de boxer ? Beaucoup ! J’ai commencé à l’âge de 15 ans, ça fait donc 20 ans que je fais ça et ça m’a pris des années avant de devenir compétitive. 
  • Qu’est-ce qui t’a menée à vouloir boxer ? J’étais très active, j’ai toujours aimé bouger et quand je suis entrée dans le club de boxe de Joliette, l’odeur, le bruit des coups de poing… Il y avait quelque chose de spécial!  
  • Est-ce que tes parents étaient d’accord avec ça ? Ça ne leur dérangeait pas, mais mon père a trouvé ça plus dur au début que sa fille boxe.  
  • As-tu déjà douté ? Non, j’ai toujours pensé que je pouvais le faire et, aujourd’hui, je gagne ma vie avec ce sport.  
  • Ceux qui ont un dentier, est-ce qu’ils doivent l’enlever pour boxer ? Oui, ils doivent l’enlever!  
  • Est-ce que ça t’est déjà arrivé de devoir utiliser tes poings pour te défendre ? Jamais en dehors du ring. Je suis quelqu’un de tellement pacifique, je n’aime pas la violence.  
  • As-tu un régime à suivre ? Oui, parce que je dois boxer à 105 livres. Il faut que je fasse une diète, mais aussi que je mange assez pour avoir de l’énergie.  
  • Photo Médialo- Mélissa Blouin

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