Saint-Thomas dénonce une structure déficiente à la MRC de Joliette

Photo Médialo - Jason Joly
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La Municipalité de Saint-Thomas juge qu’il y a un important problème de structure et de transparence au sein de la gestion de la MRC de Joliette. Les élus ont d’ailleurs adopté à l’unanimité, le 16 avril dernier, une résolution demandant à la Commission municipale du Québec d’intervenir et d’enquêter.  

Au coeur de sa résolution, la Municipalité stipule que la direction générale, la préfecture et le comité administratif de la MRC ont un trop grand pouvoir sur les décisions et les opérations et que les autres maires sont tenus à l’écart en plus d’être mis devant des faits accomplis.  

« La structure est déficiente », a commenté le maire de Saint-Thomas, Mario Rondeau, en entrevue avec L’Action. Il a continué en affirmant que les maires des villes qui composent le comité administratif (Joliette, Saint-Charles-Borromée, Notre-Dame-des-Prairies et Saint-Ambroise-de-Kildare) obtiennent d’abord les documents et qu’un filtre serait ensuite effectué. M. Rondeau a mentionné que les six autres élus ont seulement accès à l’information 72 heures avant la séance, ce qui est le minimum requis par la loi.  

« Les membres du conseil des maires qui ne siègent pas au comité administratif se voient transmettre une information incomplète, tardive ou fragmentaire, entravant leur capacité d’analyse et de prise de décision. […] Tout élu non-membre du comité posant des questions, demandant l’obtention de documents ou souhaitant débattre se voit, à tout le mieux, opposer une fin de non-recevoir de la part de la préfecture », peut-on lire dans la résolution. 

M. Rondeau a voulu illustrer la situation en exprimant que, pour la plus récente séance des maires, il a reçu, le vendredi, 91 documents à lire avant le mardi suivant. « Nous avons à peine le temps d’absorber l’information, nous ne pouvons pas nous y pencher en profondeur. Nous sommes gavés et après il faut voter. » 

Pour cette raison, il est mentionné dans la résolution que plusieurs décisions ont été prises dans un contexte de précipitation, sans débat ou délibération. « Le conseil des maires se trouve réduit à entériner des décisions préalablement arrêtées par le comité administratif ou la préfecture. » Ce qui, selon la Municipalité, compromet la capacité des élus au conseil des maires d’effectuer leurs fonctions avec la diligence et la rigueur souhaitées.

M. Rondeau a également stipulé que le climat à la MRC n’est pas sain et qu’il est difficile de s’exprimer. « La décision est déjà orientée et, si nous n’allons pas en ce sens, nous devenons un peu le mouton noir. » 

Démarches judiciaires 

Depuis novembre, la Municipalité déclare avoir dû se tourner vers les tribunaux à deux reprises, pour avoir accès aux informations, documents et analyses nécessaires pour prendre des décisions éclairées.  

En mars, elle a notamment fait parvenir une mise en demeure à la MRC de Joliette exigeant la transmission de documents en lien avec l’agrandissement du site d’enfouissement.  

M. Rondeau a ajouté que lorsqu’un maire a un questionnement, la réponse lui est directement remise, alors qu’elle devrait être partagée à l’ensemble des élus « Il y a un gros problème dans la circulation de l’information. »  

Ce sont notamment ces raisons qui ont mené la Municipalité à demander une intervention de la Commission municipale du Québec ainsi que du ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) du Québec. Le conseil souhaite qu’un administrateur provisoire, un tuteur ou un observateur indépendant soit nommé. 

« On veut simplement que tout se fasse dans le respect des règles et que les décisions se prennent de façon transparente, avec toute l’information sur la table. Les citoyens sont en droit de s’attendre à ça », a terminé Mario Rondeau. 

Dans cet esprit, la Municipalité invite toute personne détenant des informations pertinentes concernant d’éventuelles irrégularités à les porter à l’attention de la Commission municipale du Québec, en utilisant le formulaire officiel de divulgation disponible en ligne : https://www.portailmunicipal.gouv.qc.ca/H32/  

 Vers un changement de MRC 

Des démarches ont aussi été entamées par Saint-Thomas afin de se joindre à la MRC de D’Autray, comme c’était le cas avant 1993. « Nous avons eu recours à un service juridique pour nous informer des étapes à suivre pour changer de MRC. » La Municipalité a rencontré le préfet de D’Autray en début d’année 2026 afin d’entamer la discussion. Elle s’est également renseignée auprès du service d’incendie de Saint-Charles-Borromée pour savoir si la couverture du territoire de Saint-Thomas serait maintenue advenant une transition. « C’est un long processus, il y a plusieurs choses à vérifier et il faut que ce soit accepté par le MAMH », a conclu Mario Rondeau.  

À lire aussi: Le préfet de Joliette s’objecte aux critiques de Saint-Thomas

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