Un coroner fait trois recommandations

  • Publié le 19 févr. 2025 (Mis à jour le 23 mai 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Gabriel Ferland

Le 20 janvier dernier, le coroner André Cantin a présenté son rapport en lien avec le décès de Pierre Morel survenu sur la route 138, le 4 août 2024, alors qu’il circulait à vélo. Dans la conclusion du rapport, le coroner fait trois recommandations au gouvernement du Québec. Toutefois, pour la conjointe de la victime, des questions persistent et une prise de conscience collective est nécessaire.

En septembre 2024, L’Action D’Autray s’est rendu sur le lieu du décès de Pierre Morel, sur la route 138, pour le dévoilement d’un vélo blanc installé en sa mémoire. Notre journaliste avait alors rencontré Johanne Perreault, la conjointe de Pierre Morel, qui lui avait demandé de la suivre. « C’est ici qu’il s’est fait frapper », a-t-elle confié en pointant une trace de peinture au sol. Elle a ensuite montré une autre marque, plusieurs mètres plus loin, pour montrer toute la distance parcourue par le véhicule après avoir heurté M. Morel.

ImageCrédit : Gabriel Ferland
Apperçue de l’état de la chaussée à l’endroit où Pierre Morel s’est fait frapper, le 4 août 2024.

Près de six mois plus tard, au moment de la publication du rapport du coroner, Mme Perreault ne comprend pas pourquoi l’automobiliste n’a pas été sanctionné « alors que, d’après le rapport du coroner, il semble clair que la personne n’a pas respecté le règlement qui demande de laisser 1,5 mètre lorsqu’on dépasse un cycliste ».

À ce propos, l’article 341 du Code de la sécurité routière mentionne que « le conducteur d’un véhicule routier ne peut dépasser un cycliste à l’intérieur de la même voie de circulation, à moins qu’il ne puisse le faire sans danger après avoir réduit la vitesse de son véhicule et après s’être assuré qu’il peut maintenir une distance raisonnable entre son véhicule et le cycliste lors de la manœuvre ».

Dans l’analyse du coroner, il n’est pas affirmé directement que la règle du 1,5 mètre n’a pas été respectée, mais il est mentionné que « les témoins confirment que le VUS était entièrement dans la voie de droite au moment où le véhicule a heurté le cycliste et qu’il n’a pu empiéter dans l’autre voie, car un véhicule venait en sens inverse ». Le coroner poursuit en affirmant qu’un « ralentissement important de l’automobiliste conduisant le VUS aurait pu mener à un dépassement plus sécuritaire ».

Selon les informations disponibles dans le rapport, les enquêteurs de la Sûreté du Québec auraient conclu « que la cause principale de l’accident était le mauvais état de la chaussée de la route 138 à l’endroit où l’accident est survenu ». Mme Perreault affirme qu’elle n’a aucune raison de douter du travail des enquêteurs, mais elle croit que, en ce moment, le message qui est envoyé à la population c’est qu’il est possible de « tuer un cycliste sans qu’il y ait de conséquences ». Elle souhaiterait que plus d’efforts soient faits en sensibilisation pour qu’une prise de conscience collective se produise.

«On hésite parfois à perdre cinq à dix secondes de notre vie, parce qu’on se sent bien pressé, mais notre vie ne presse pas tant que ça…», Johanne Perreault, conjointe de Pierre Morel.

En conclusion de son rapport, le coroner fait trois recommandations. La première, qui s’adresse à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), est de « développer de nouvelles activités d’éducation et de sensibilisation auprès des automobilistes concernant les dangers associés aux dépassements de cyclistes en bordure de la route ».

Les deux autres recommandations sont quant à elles destinées au ministère des Transports et de la mobilité durable (MTMD). D’une part, le coroner demande de « revoir le protocole des travaux de rapiéçage et de pavage de la chaussée afin de s’assurer que les conditions de sécurité pour la circulation des cyclistes sur les accotements ne soient pas détériorées ». D’autre part, il est recommandé au MTMD de « maximiser la largeur du pavage des accotements lors des projets impliquant la remise à neuf de la chaussée, en tenant compte des normes en vigueur et des besoins spécifiques au lieu du projet ».

Essentiellement, ces recommandations rejoignent les commentaires de Mme Perreault. Celle-ci souhaite que la population soit plus consciente des conséquences possibles lorsqu’on ne respecte pas les normes de sécurité lorsque vient le temps de dépasser un cycliste, surtout lorsque la chaussée est en mauvaise condition.

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