Persévérance scolaire | Mot à mot vers la réussite

(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Depuis plusieurs années, la recherche démontre un lien étroit entre les habitudes de lecture, la réussite éducative et la persévérance scolaire, et ce, dès le plus jeune âge. En ce sens, le Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE) a identifié la littératie – et donc la lecture – comme priorité dans sa planification stratégique des cinq prochaines années.

« C’est vraiment à la base de tout », déclare Ann-Marie Picard, directrice générale du CREVALE. Dès la petite enfance, l’absence de la lecture dans les habitudes de vie aurait des effets négatifs sur le développement de l’enfant. « À l’âge de trois ans, les enfants dans les milieux défavorisés, où il n’y a pas de lecture, vont connaître 600 mots de moins que ceux qui lisent un peu chaque jour », expose Mme Picard.

Quelques années plus tard, soit vers l’âge de 7 ans, en première année du primaire, les enfants qui éprouveraient des difficultés de lecture seraient plus à risque de décrochage scolaire au secondaire. C’est ce qu’a mis en lumière une étude de Michel Janosz, chercheur associé du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec.

La goût de la lecture : un legs précieux

Consciente de ces faits, Ann-Marie Picard plaide l’importance d’intégrer tôt la lecture chez l’enfant et surtout d’en faire une activité qui soit synonyme de plaisir. Si cela va de soi dans les foyers où l’on retrouve déjà des friands de lecture, le réflexe s’avère moins naturel chez ceux qui n’ont pas entretenu une bonne relation avec les livres au fil de leur vie.

« Chez les parents qui n’aiment pas beaucoup la lecture, il y a une transmission générationnelle, remarque la directrice du CREVALE. Il y a moins de lecture avec les enfants, ils développent moins le plaisir de lire et, arrivés à l’école, ils ont des difficultés en lecture. » Ces enfants lisent donc moins et entretiennent le cercle vicieux qui risque de les mener vers des difficultés scolaires lourdes de conséquences pour leur avenir.

Car, les compétences en lecture servent bien au-delà de l’apprentissage du français, rappelle Mme Picard : « Quand il y a de bonnes habiletés en lecture, tu réussis mieux dans toutes tes matières. Dans un problème mathématique, si tu n’es pas capable de comprendre ce qui est écrit, il y a peu de chances que tu le réussisses ».

Heureusement, pour madame Picard, il est tout à fait possible de briser ce legs générationnel, même si on présente soi-même des difficultés de lecture et qu’on ne lit pas nécessairement des histoires à son enfant.

Mais comment ? « On peut regarder la couverture [et les images dans le livre] et demander : qu’est-ce que tu penses qu’il va se passer dans cette histoire-là ? Déjà, l’enfant va apprendre à lire des émotions sur des illustrations », suggère Mme Picard. Plus vieux, on peut s’intéresser aux lectures de l’enfant, laisser des livres en tous genres à sa disposition ou l’accompagner à la bibliothèque pour faire des découvertes en lien avec ses intérêts, renchérit-elle.

Devenir des modèles de lecteurs

La bibliothèque serait d’ailleurs selon elle une alliée très précieuse dans le développement du goût de la lecture.  « Les livres coûtent cher et ce n’est pas tout le monde qui a les moyens d’en acheter », reconnaît Ann-Marie Picard. En ce sens, elle croit que les familles ont tout intérêt à fréquenter les bibliothèques et les municipalités à investir en elles.

« [On doit investir] sur les activités qui sortent de la bibliothèque pour que le livre devienne partout présent dans la société et que les plus réticents aient envie d’essayer. » La directrice du CREVALE souligne également l’impact non négligeable que peuvent avoir les personnes influentes dans la vie de l’enfant, que ce soient les parents, les enseignants ou encore les influenceurs qui s’adressent aux jeunes en ligne ou même les entraîneurs sportifs.

« Un entraîneur de football qui parle des livres qu’il lit, c’est un modèle pour beaucoup de jeunes, donc ils vont peut-être vouloir s’en inspirer », expose Mme Picard. Elle encourage ainsi tous ceux qui croient aux bienfaits de la lecture à propager leur passion et à partager leurs découvertes.

Lire pour apprendre, mais aussi pour le plaisir

Au même titre, en tant qu’adulte, si on dépose son téléphone cellulaire dans les lieux publics, au profit des livres, journaux ou magazines pour patienter, on devient des modèles d’adultes qui lisent, on attise la curiosité autour de nos lectures et on mousse l’intérêt pour celle-ci.

« Il faut arrêter de penser que la lecture, c’est relié seulement à l’école. C’est là que ça devient peut-être plus difficile pour certaines personnes d’aimer lire », poursuit Mme Picard. À son sens, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise lecture, tant que celle-ci suscite l’intérêt et le plaisir.

Que ce soit un roman, une bande dessinée, un album avec de brefs paragraphes, les cartes d’un jeu de société ou même l’endos de la boîte de céréales; toute lecture se vaut pour la directrice. « En jouant, l’enfant ne s’apercevra pas qu’il est en train de lire. L’important, c’est d’être rusé en tant que parents ! », lance-t-elle. Parce que les effets à long terme sont immenses. Lorsqu’on lit bien, on développe une plus grande confiance en ses capacités, on est plus créatif et empathique, de mentionner la directrice du CREVALE. Tout cela contribue à demeurer motivé tout au long de son parcours scolaire et, plus tard, à accéder à un emploi de qualité.

 

Pour développer le plaisir de lire, la plateforme web Tonaventure.com propose des histoires « dont vous êtes le héros » aux jeunes de 6 à 12 ans, tandis que la plateforme À go, on lit! permet aux adolescents de découvrir leur profil de lecteur et des idées de lectures.

 

La littératie, c’est quoi ?

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la littératie est la capacité de trouver, de comprendre et d’utiliser des textes écrits dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas seulement savoir lire et écrire : c’est être capable de réfléchir à ce qu’on lit et de s’en servir pour atteindre ses objectifs, apprendre de nouvelles choses et participer pleinement à la société.

 

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