Des citoyens réclament une régionalisation des déchets

(Photo Médialo - Archives)
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Le Regroupement citoyen pour une gestion responsable du territoire et de l’environnement, rassemblant notamment des résidents de Saint-Thomas, de Sainte-Geneviève-de-Berthier et de Lanoraie, entreprend une démarche auprès des municipalités des MRC de Joliette et de D’Autray. Il souhaite qu’elles prennent position en faveur de la régionalisation des déchets afin d’en restreindre l’importation dans la région.

Les citoyens rappellent qu’un agrandissement du site d’enfouissement technique de Dépôt Rive-Nord a été annoncé. Le regroupement indique que le lieu arrivera à sa pleine capacité en 2032, « alors qu’il aurait pu desservir, au rythme actuel, Lanaudière pour plus de cent ans », en excluant les déchets provenant de l’extérieur de la région. Il estime comme « inapproprié » que la MRC de Joliette favorise un tel projet considérant que les espaces pour l’enfouissement sont limités. « Via une entente entre Dépôt Rive-Nord et la MRC, celle-ci s’engage à favoriser ce gigantesque projet et de surcroît renonce à son droit de regard sur l’importation des déchets », dénonce-t-il.

Les résidents jugent que les activités du site d’enfouissement ont perturbé la qualité de vie des populations environnantes et ont détruit des espaces naturels importants pour la faune et sa biodiversité. « Cet autre agrandissement en milieu naturel et agricole viendrait aggraver une situation déjà très préoccupante », ajoutent-ils. Ils dénoncent également l’intégration d’un mécanisme de contrôle du volume à enfouir. Celui-ci prévoit un ticket modérateur graduel passant de 0.50 $ à 2 $ le mètre cube pour tout enfouissement qui dépasse le volume actuel moyen de 3 825 000 mètres cubes par période de cinq ans. « Ce mécanisme est loin de contrôler l’importation des déchets, il permet au contraire d’en augmenter les quantités », croit le regroupement.

Ce dernier demande donc aux élus de la région « d’avoir le courage politique » de mettre un terme aux importations en appuyant le principe de la régionalisation des déchets. « La MRC de Joliette n’a pas à gérer les déchets des autres régions du Québec, c’est de leur responsabilité. Un site d’enfouissement beaucoup plus restreint et adapté à nos besoins serait socialement plus acceptable et contribuerait à amoindrir les impacts sur le voisinage et les espaces naturels. »

Réactions des MRC de Joliette et de D’Autray

Invité à réagir sur la question, le préfet de Joliette, Pierre-Luc Bellerose, a soutenu que le regroupement ne s’adresse pas aux bonnes autorités. « La régionalisation de l’enfouissement des matières résiduelles ne passe pas par la MRC », informe-t-il, avant d’ajouter que la décision est plutôt prise au niveau gouvernemental. « J’invite les citoyens à aller voir les députés provinciaux car ils ne cognent pas à la bonne porte. »

Puisque Québec veut réduire le plus possible le nombre de sites dans la province et que celui de Saint-Thomas est déjà existant, sa conservation a été priorisée et son agrandissement, considéré comme nécessaire. La Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a donc décrété que cette action devait se faire au pourtour de la zone actuelle, soit à Saint-Thomas ou à Sainte-Geneviève-de-Berthier. Le préfet explique que la MRC est donc allée chercher de l’argent pour à la fois développer des initiatives afin de diminuer l’enfouissement et pour avoir le meilleur coût possible pour ses citoyens. « Si nous allons enfouir à l’extérieur, c’est vrai que nous n’avons pas les vidanges dans notre cour, mais nous nous retrouvons avec une facture qui va exploser. »

Pierre-Luc Bellerose relate que 25 % des déchets du site géré par Dépôt Rive-Nord proviennent de Lanaudière. « Par contre, si nous regardons la situation de l’autre côté, 70 % des matières résiduelles totales de la région se retrouvent à Saint-Thomas », nuance-t-il. Le préfet rapporte néanmoins que les règlements de Recyc-Québec empêchent la MRC de limiter les déchets qu’elle accueille selon leur provenance. Elle ne peut donc pas refuser des déchets de l’extérieur en priorisant ou en défavorisant des territoires. La limitation s’applique seulement pour la quantité maximale de matières.

En terminant, M. Bellerose estime que les ententes et les décisions ont été prises toujours dans l’intérêt des résidents : « Nous sommes allés chercher le meilleur de ce que l’on pouvait dans les circonstances pour que nos citoyens ne se retrouvent pas avec un choc tarifaire ».

De son côté, la MRC de D’Autray, via son service des communications, confirme que les déchets des secteurs résidentiels des 15 municipalités du territoire sont acheminés vers le site de Dépôt Rive‑Nord, situé à Saint‑Thomas, conformément aux ententes en vigueur.

En ce qui concerne la régionalisation des déchets, la MRC de D’Autray souligne qu’elle n’est pas en mesure de commenter à ce stade-ci, puisque cela impliquerait des considérations plus larges relevant des municipalités et d’instances multiples.

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