Tour de télécommunication, les travaux débutent malgré l’opposition

  • Publié le 19 juin 2026 (Mis à jour le 19 juin 2026)
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Photo gracieuseté
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La construction d’une tour de télécommunication de Rogers suscite du mécontentement à Lanoraie. Près de 200 citoyens ont remis une pétition au conseil de ville en avril afin de s’opposer au projet et à son emplacement. Malgré des démarches entreprises par la Municipalité auprès de Rogers afin d’explorer des alternatives, des travaux ont tout de même été amorcés le 21 mai dernier.  

« Nous comprenons et partageons la surprise des résidents face au début rapide de ces travaux. Bien que le conseil municipal ait formellement sollicité une rencontre avec les représentants de Rogers […] afin de leur transmettre les préoccupations citoyennes, l’entreprise a amorcé les étapes de construction sur le terrain sans préavis », a expliqué la Municipalité au sein d’un communiqué de presse.  

Le maire André Villeneuve a dénoncé, en entrevue avec L’Action D’Autray, un manque d’élégance de la part de Rogers et a décrit cette façon de faire comme cavalière. « La Municipalité, qui est partenaire dans ce projet, aurait vivement souhaité être avisée de ce calendrier des travaux. Une notification préalable est essentielle pour permettre d’informer de manière proactive, de répondre aux questions et d’assurer une coordination fluide et rassurante dans le secteur. » 

Une entente signée il y a quatre ans 

Ce dossier a commencé en 2022, alors que des clients de Rogers souhaitaient avoir une meilleure couverture de leurs services sans fil. La Municipalité a rappelé que Rogers désirait initialement implanter sa tour de télécommunication en plein cœur du village, dans la pinède du cimetière. Jugeant ce site patrimonial totalement inacceptable, le conseil municipal s’est mobilisé pour trouver une autre solution. Le site du chemin des Étangs a alors été retenu comme la seule option pour éviter le centre historique.  

À cette époque, un avis public a été diffusé et, comme l’emplacement retenu se trouvait en zone agricole, la Municipalité a expliqué que le périmètre de consultation obligatoire ne visait que des terres agricoles, sans aucune habitation. Le projet a aussi obtenu toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités agricoles (CPTAQ) et régionales (MRC). « Il n’y avait pas de maisons de construites à l’époque à proximité du terrain et on pensait que Rogers ferait sa tour en 2023, mais la compagnie a procrastiné », a ajouté M. Villeneuve. 

Un développement résidentiel  

Depuis ce temps, plusieurs familles ont acheté une propriété à cet endroit. Les citoyens opposés au projet ont d’ailleurs stipulé que le développement résidentiel était déjà planifié lorsque l’emplacement de la tour a été retenu par la Municipalité. Comme plusieurs résidences se trouvent désormais à proximité du site projeté, la plus proche étant à environ 300 mètres de la future tour, les citoyens auraient souhaité qu’une nouvelle consultation publique soit tenue.  

Plusieurs estiment qu’il aurait été possible de relocaliser la tour plus loin des maisons afin de réduire les impacts sur le quartier. C’est pour ces raisons qu’une pétition citoyenne d’environ 200 signatures avait été déposée.  

Les opposants ont tenu à préciser qu’ils ne sont pas contre la technologie 5G ni contre les télécommunications, mais que leurs inquiétudes concernent surtout le manque de consultation publique, le processus décisionnel entourant le dossier et l’emplacement choisi pour la tour, directement à proximité des résidences. 

Pour eux, il y a eu un manque de transparence dans ce dossier. Ils soulignent notamment que certaines demandes d’accès à l’information déposées par des citoyens ont été refusées ou limitées. Ils ont ajouté que, malgré les déclarations publiques du maire disant vouloir relocaliser la tour, aucune injonction ou procédure judiciaire n’a été entreprise pour tenter de suspendre les travaux.  

Impossibilité d’intervenir 

De son côté, le maire a répliqué que, comme une entente a été signée en 2022, la Municipalité ne peut pas faire arrêter les travaux ou interdire l’accès à un chantier. Cette impossibilité d’intervenir a ensuite été confirmée par le directeur régional de l’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) lors d’une rencontre avec le conseil municipal le 1er juin dernier.  

« La réponse a été claire : si nous voulons faire arrêter les travaux, nous nous retrouverons devant les tribunaux », a ajouté la Municipalité. Il aurait aussi été expliqué que les télécommunications relèvent de la compétence exclusive du gouvernement fédéral et que les chances de la Municipalité, si elle entamait des procédures judiciaires, étaient nulles. 

Une référence au dossier opposant la Ville de Châteauguay à Rogers a également été faite. « La Cour suprême du Canada avait déterminé que le gouvernement du Québec n’avait rien à dire sur l’emplacement des antennes de télécommunications et encore moins les municipalités », a paraphrasé M. Villeneuve.   

Le maire a déploré que le fédéral « fait ce qu’il veut, quand il veut et que, malheureusement, cela va, la plupart du temps, à l’encontre des planifications faites en termes d’occupation du territoire. » Il a complété en mentionnant que, contrairement à ce qui s’était passé à Châteauguay, Lanoraie a tout de même eu droit à un compromis. « Au moins, nous avons réussi à éviter qu’elle soit installée en plein cœur du village. Oui, c’est dommage pour les gens qui vivent près du site, mais nous avons peut-être évité le pire. » 

Une rencontre s’est également déroulée, le 4 juin, entre les membres du conseil et deux représentants de Rogers. Ces derniers se sont excusés d’avoir entamé les travaux sans en avoir avisé la Municipalité et ont ensuite réitéré qu’ils n’avaient pas l’intention de changer l’emplacement de la tour.  

Santé et sécurité 

En réponse aux inquiétudes des citoyens face à la proximité de la tour, le conseil a évoqué que l’installation répond rigoureusement aux normes strictes de Santé Canada. « Les émissions de ce site se situeront à une infime fraction des limites permises. De plus, la conception de la structure est faite pour résister à des conditions climatiques extrêmes, comme des vents violents ou du verglas, et des mesures sont prévues pour empêcher l’accès physique à la tour. » 

La Municipalité a ajouté que l’infrastructure ne servira pas de relais pour des technologies urbaines à courte portée, mais à stabiliser et à améliorer le réseau cellulaire global pour l’ensemble du territoire. Elle mentionne qu’il s’agit d’un service qui est devenu essentiel pour les appels d’urgence, le travail à domicile et les suivis médicaux.  

« Concernant la valeur des propriétés, les analyses du marché immobilier indiquent qu’une bonne réception cellulaire à l’intérieur des maisons est un critère recherché par les acheteurs et que la présence d’une tour à cette distance n’affecte pas les prix de vente. » 

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