Un avenir assuré pour la dernière ferme de tabac au Québec

Jocelyn Janson a pris les rênes de la ferme de tabac familiale et est déterminé à faire perdurer cette culture.(Photo Médialo – Jason Joly)
Jocelyn Janson a pris les rênes de la ferme de tabac familiale et est déterminé à faire perdurer cette culture.(Photo Médialo – Jason Joly)

Réputée durant des décennies pour ses nombreux tabaculteurs, la province n’en possède désormais qu’un seul. La Ferme Janson, l’unique survivante, est fermement établie dans Lanaudière, à la frontière entre Lavaltrie et L’Assomption, et elle continue de perdurer grâce au travail d’une famille dédiée. Représentant la quatrième génération, Jocelyn Janson a pris la relève de l’établissement, confiant d’un avenir prospère.

Voyant le jour en 1939, la ferme s’est développée au fil du temps et possède désormais une terre de 100 acres destinée au tabac, ainsi qu’un autre site de 50 acres accueillant du seigle. Lorsque ce fut au tour de son père de prendre le flambeau, Jocelyn a très tôt voulu lui prêter main-forte. « J’ai toujours été là. Dès que j’ai fini l’école, et même durant les vacances d’été. Je n’ai jamais voulu travailler ailleurs », se souvient-il.

Ayant baigné dans ce milieu depuis longtemps, il connait maintenant cette culture du bout des doigts. De l’ensemencement, en mars, dans des serres hydroponiques, jusqu’au séchage du tabac en automne, en passant par la plantation, le désherbage manuel et la récolte, Jocelyn Janson ne se lasse pas de son emploi. S’occuper de la culture aux côtés de son père et travailler près de chez lui est ce qu’il apprécie le plus et ce qui le motive toujours à poursuivre : « Quand on travaille, c’est pour nous-mêmes. »

Une culture risquée

Les tabaculteurs étaient omniprésents au Québec à l’époque, mais la situation a changé au début des années 2000. Jocelyn explique que les gouvernements fédéral et provincial ont convenu de racheter les quotas des fermes qui le souhaitaient. « En acceptant, tu avais droit à un montant d’argent, mais tu perdais ton permis et tu ne pouvais plus produire », résume-t-il. « Tout le monde a voulu, sauf trois cultivateurs, dont nous. »

Éventuellement, les deux premiers se sont désistés, en partie à cause de la suppression de l’assurance-récolte pour cette culture. Les fermiers ne voulaient pas risquer de cultiver sans protection. Le père de Jocelyn Janson, Robin, était dans les plus jeunes tabaculteurs à ce moment et il n’était pas prêt à mettre la clé sous la porte. « Si tu es près de la retraite, c’est intéressant de recevoir un bon montant. Mon père était trop jeune. Il ne croyait pas que le tabac serait fini et nous sommes encore là, alors son choix a été le bon! », juge Jocelyn.

Ce dernier admet que la perte de l’assurance-récolte l’inquiète un peu, se retrouvant avec la culture la plus à risque. Puisqu’il veut continuer d’accroitre son entreprise, des problèmes inattendus pourraient causer de gros dommages, surtout au niveau financier. Les montants à investir étant plus élevés, en cas de bris, Jocelyn Janson devrait se débrouiller pour couvrir les frais. Malgré tout, il confirme que la culture du tabac a toujours sa place et a un avenir brillant : « Il y a de la demande. Durant certaines années, c’était incertain, mais nous sommes sur une montée. »

Depuis deux ans, la Ferme Janson fait exclusivement affaire avec les États-Unis pour la vente de son produit. Grâce à un contrat prédéterminé élaboré avec un acheteur américain, l’établissement parvient à distribuer l’ensemble de son tabac et à tirer son épingle du jeu. Cette stabilité rassure donc Jocelyn qui compte bien poursuivre dans les traces que ses prédécesseurs avaient défrichées pour lui. « C’est ce que nous connaissons et aimons, donc on continue! »

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