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12 octobre 2022

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Une Lanoroise se porte à la rescousse du monarque d’Amérique Nord

Agir pour sauvegarder ce papillon emblématique

Pouponnière

©Photo gracieuseté - Johanne Cormier - L'Action d'Autray

Johanne Cormier a confectionné une pouponnière à monarques devant sa maison.

Touchée par le déclin des papillons monarques d’Amérique du Nord, Johanne Cormier a créé le groupe Facebook « les Monarques de Lanoraie ». À travers cette plateforme, la Lanoroise espère informer et sensibiliser la population aux dangers qui guettent les papillons et à l’impact de la coupe d’asclépiade, une plante dont le monarque dépend pour sa repopulation.

Mme Cormier a commencé à agir depuis plusieurs mois pour défendre cette espèce en voie de disparition qui la fascine. Le monarque est un grand migrateur puisqu’il voyage du Canada jusqu’au Mexique, et ce, à tous les ans. « C’est impressionnant qu’un petit papillon puisse parcourir 4000 km pour faire sa migration », s’enthousiasme-t-elle.

Durant l’été, elle s’est mise à la recherche de l’asclépiade, une plante sur laquelle le monarque pond ses œufs et qui sert exclusivement de nourriture aux chenilles tout au long de leur croissance. Johanne Cormier dénonce le fait que l’asclépiade soit considérée par plusieurs comme une mauvaise herbe : « Il faut arrêter de couper la plante parce que, sinon, on tue les œufs et les chenilles ». Pendant l’été, elle a fait le tour du voisinage pour en capturer, mais seulement sur des plantes qui menaçaient d’être coupées, par le passage d’une tondeuse à gazon par exemple.

En mettant le tout dans des contenants pour insectes, Mme Cormier a pu faire l’élevage de papillons et a même construit une petite cabane qui sert de pouponnière devant sa maison à la vue des passants. En mangeant de l’asclépiade, les chenilles grossissent de près de 2700 fois leur poids initial et subissent cinq mues durant leur croissance. Elles forment ensuite leur chrysalide et prennent environ deux semaines pour se transformer en papillon. Une fois l’insecte sorti de son cocon, l’éleveur doit attendre environ trois heures pour laisser les ailes du papillon sécher. Celle qui se fait amicalement appeler « Madame Monarque » a donc consacré beaucoup de son temps à son élevage domestique et constate avec plaisir que d’autres ont accepté de l’imiter.

Johanne Cormier

©Photo gracieuseté - Johanne Cormier - L'Action d'Autray

La Lanoroise a présenté plusieurs photos de son élevage domestique via son groupe Facebook.

Plusieurs démarches en cours

Pour faire connaitre la situation des monarques au grand public, Johanne Cormier a créé son groupe privé sur Facebook intitulé « Les Monarques de Lanoraie ». Les membres peuvent y demander de l’information sur l’insecte en plus d’y découvrir des astuces ou des conseils pour l’élevage domestique. Durant la saison estivale, la Lanoroise a vendu plusieurs cocons à des résidents et a ensuite utilisé l'argent pour à la fois améliorer sa pouponnière et acheter plus de matériel utile à son élevage. Elle a d’ailleurs remarqué un grand engouement de la part de la population : « Des garderies ont acheté des chrysalides et ont vécu l’expérience de l’émergence du papillon avec les enfants. Des parents revenaient aussi pour avoir d’autres cocons ! »

En plus de sensibiliser ses concitoyens, Mme Cormier travaille avec le maire de Lanoraie, André Villeneuve, dans le but que la municipalité devienne « amie des monarques », comme c’est le cas de Saint-Zénon et des villes de Joliette et de Terrebonne. Lanoraie a d’ailleurs déjà proposé, lors de la séance du conseil du 9 août 2022, de contribuer à la restauration des monarques. La citoyenne rencontrera le maire et l’urbaniste de la Municipalité afin d’élaborer des pistes de solutions pour la protection du papillon. Elle a soumis l’idée d’aménager un jardin de monarques et de mettre en place des mesures pour sauvegarder l’asclépiade. « Si l’on pouvait réserver des endroits pour la laisser pousser, ça serait merveilleux », suggère-t-elle en précisant que plusieurs plants se trouvaient déjà sur des sites naturels et ne nuisaient donc pas aux terrains résidentiels. Johanne Cormier propose aussi à la municipalité et à ses concitoyens d’incorporer les plantes dans des plates-bandes. « Quand on regarde la plante, c’est vrai qu’elle n’est pas très belle. En mettant d’autres fleurs, ça ne paraitra plus, mais le papillon va savoir qu’elle est là et va aller y pondre ses œufs quand même. »

La Lanoroise invite la population à s’inscrire à son groupe (https://www.facebook.com/groups/711220523592343) qui compte déjà 160 membres provenant de partout au Québec. Elle répond non seulement aux questions des membres, mais Mme Cormier annonce également quelques activités qu’elle organise. Par exemple, durant la journée du 15 octobre, elle distribuera des semences d’asclépiade pour permettre aux intéressés d’en planter sur leur terrain cet automne. Johanne Cormier a aussi mis en ligne les démarches pour participer à un concours. En effet, l’un des membres du groupe court la chance de l’accompagner au sanctuaire de monarques El Rosario au Mexique.

Ainsi, l’énergie dépensée par Johanne Cormier à la défense de ce papillon emblématique ne faiblit pas. Elle garde donc espoir que ses actions et celles qu’elle veut mettre en marche avec sa municipalité sensibiliseront davantage les citoyens au statut précaire du monarque et les inciteront à agir en conséquence : « Mais d’après moi, ce ne sera pas un problème ».

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