Communautaire à boutte! | Des centaines de manifestants à la mobilisation régionale

  • Publié le 30 mars 2026 (Mis à jour le 30 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Malgré le froid mordant pour un début de printemps, quelques centaines d’artisans du milieu communautaire lanaudois, venus des quatre coins de la région, se sont entassés devant les bureaux du premier ministre François Legault, à L’Assomption, le 27 mars dernier, à l’occasion de la mobilisation régionale du mouvement « Communautaire à boutte! ».

Représentant des organismes de tous horizons venant quotidiennement en aide à des milliers de Lanaudois, les manifestants ont scandé haut et fort les revendications portées par le milieu communautaire :

  • Des conditions de travail décentes pour les travailleurs;
  • Un financement suffisant à la mission, plutôt que par projet;
  • La reconnaissance pleine et entière des organismes communautaires;
  • La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire;
  • Un investissement dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.

Réclamées depuis longtemps, ces conditions ne sont toujours pas remplies et selon ceux et celles qui œuvrent au sein des organismes communautaires, l’heure est grave. « Les listes d’attente débordent. Les gens attendent un an, un an et demi, sur les listes d’attente. L’année passée, c’était une personne sur quatre qui franchissait les portes des organismes communautaires. Maintenant, c’est une personne sur trois. On voit que les besoins sont grandissants, mais le financement ne suit pas. On n’arrive pas à répondre adéquatement à la mission. Il y a aussi des travailleurs qui sont obligés d’avoir recours à des banques alimentaires parce qu’ils n’arrivent pas à se nourrir suffisamment, vu que le salaire n’est pas suffisant », exposait Christina Roy, intervenante sociale aux CALACS La Chrysalide et représentante de la MRC Les Moulins.

Plusieurs représentants d’organismes de la MRC Les Moulins étaient sur place. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

À bout, mais toujours debout

Le manque de financement à la mission met selon elle à mal la mission des organismes en compromettant l’offre de services et en créant l’exode des employés, faute de conditions de travail décentes.

Témoignant du sentiment d’essoufflement généralisé, Alexandre Boisdequin-Lefort, représentant de la MRC de Matawinie et intervenant à la Maison des jeunes Les Mayais de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, a informé : « Actuellement, dans Lanaudière, nous avons 108 mandats de grève officiels […] et ça rentre encore ». Les derniers chiffres disponibles au moment de la mobilisation régionale faisaient état de 1824 mandats de grève à l’échelle de la province.

« Ça va continuer de monter jusqu’à tant que nos revendications soient entendues. Le communautaire est déterminé, mobilisé, plus que jamais au Québec », a avisé l’intervenant, rappelant que chaque dollar investi dans la communautaire génère des économies de l’ordre de 12 $ pour le système de la santé.

L’événement a rassemblé des acteurs du milieu communautaire de tous les coins de la région de Lanaudière. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

La créativité a ses limites

Hugo Valiquette, directeur de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL), a de son côté rappelé que les organismes communautaires usaient de créativité et de débrouillardise depuis de nombreuses années afin de garder la tête hors de l’eau et de mener à bien leur mission.

« Les élus, depuis les 20 dernières années, demandent au communautaire de diversifier son financement. Ils nous disent, allez chercher du financement, demandez aux fondations, ayez des idées originales. Et là hier, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) a sorti le montant total de vos revenus, versus le financement à la mission global. Le gouvernement investit seulement 17,3% en financement à la mission de tous les revenus du communautaire autonome. La diversification, on l’a fait. Là, c’est le temps que le gouvernement investisse », a-t-il clamé.

Des miracles avec rien

Pour Sylvie Hamel, directrice du Centre d’action bénévole (CAB) de la MRC L’Assomption, des investissements significatifs dans le milieu communautaire sont effectivement essentiels afin de retenir dans le filet social les personnes les plus fragilisées de la société.

« On est sous-financé. On fait des petits miracles avec ce qu’on a, mais on est épuisé. Et puis, tous les jours, on est témoin de la détresse des personnes », s’est désolée Mme Hamel. Alors que la pauvreté et la détresse connaissent une augmentation flagrante, la directrice du CAB L’Assomption a lancé un cri du cœur afin que l’apport du communautaire soit enfin reconnu à sa juste valeur.

Plusieurs organismes de la MRC de L’Assomption ont pris part au mouvement. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

« Durant la COVID, on disait qu’on était des anges. On est encore là. Il est temps que la reconnaissance ne soit pas que des mots, mais soit de l’action. » Car en dépit de tous les maux qui frappent le communautaire, Sylvie Hamel a souligné que le caractère dévoué des artisans du milieu les mène souvent à faire des pieds et des mains pour couper le moins possible dans les services, au détriment de leur propre bien-être.

 

 

La grève du « communautaire à boutte! » culminera par un grand rassemblement provincial devant l’Assemblée nationale, à Québec, le 2 avril. Plus de 120 autobus en partance de toutes les régions du Québec y sont attendus.

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