Le folklore québécois trouve un nouveau public  

  • Publié le 17 juin 2026 (Mis à jour le 17 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Le chansonnier Xavier St-Aubin Pelletier. (Photo gracieuseté – Corevision)
Le chansonnier Xavier St-Aubin Pelletier. (Photo gracieuseté – Corevision)

Par Émile Beauséjour

Longtemps associé aux vieilles générations, le folklore québécois connaît aujourd’hui un important regain de popularité. Sur TikTok, Instagram et Facebook, des vidéos de veillées de chansons, de musiciens traditionnels et de chansons à répondre accumulent des milliers de vues et attirent un public de plus en plus jeune. 

Pour Xavier St-Aubin Pelletier, créateur de contenu et chansonnier, ce phénomène s’explique notamment par une volonté du public de renouer avec les racines culturelles québécoises. 

« J’irais plus vers le goût du retour aux sources », affirme celui qui est aussi connu sous le nom du Père Tobin. « Peut-être qu’en le montrant sur les réseaux, ça a donné le goût à d’autres gens d’aller vers ces valeurs-là, qui font partie de nous depuis longtemps. » 

Ses vidéos, qui montrent souvent des groupes de personnes chantant ensemble lors de veillées traditionnelles, rejoignent un public bien au-delà du Québec. Certaines ont même suscité l’intérêt d’internautes à travers le monde. 

Selon lui, l’un des principaux facteurs expliquant cet engouement est l’ambiance unique qui se dégage de ces rassemblements. 

« L’ambiance, c’est vraiment le point fort des veillées. Souvent, on chante avec 200 personnes qui répondent à une chanson traditionnelle. Il y a des instruments, tout le monde chante, tout le monde est heureux », explique-t-il. 

Même s’il croyait que ce type de vidéos pouvait intéresser certaines personnes, M. St-Aubin Pelletier ne s’attendait pas à un tel succès. 

« Je ne pensais pas que ça allait pogner autant que ça, vraiment pas. Je suis vraiment surpris et content », raconte-t-il. 

Également pour lui, les réseaux sociaux représentent avant tout un outil de diffusion culturelle. 

« Je voulais faire de la pub sur notre culture et nos traditions », souligne le chansonnier. 

L’engouement rempli les salles

Ce regain d’intérêt est également perceptible sur le terrain. À Saint-Félix-de-Valois, le Centre régional d’animation du patrimoine oral (CRAPO) observe une augmentation constante de la participation à ses activités.

« Lors des dernières veillées de chansons, il y en a plusieurs qui ont affiché complet », indique Jean Desrochers, directeur général et artistique du CRAPO.

L’organisme, qui célèbre plus de 20 ans d’existence, organise notamment ces veillées de chansons traditionnelles chaque mois. Selon M. Desrochers, l’attrait dépasse désormais les frontières de la région pour ce genre de soirée.

« Certains vont se prendre une chambre d’hôtel pour venir aux veillées du CRAPO », affirme-t-il.

Être dans une région où le folklore québécois est bien présent contribue énormément à cet essor. Lanaudière occupe d’ailleurs une place particulière dans le paysage de la musique traditionnelle québécoise. Berceau de plusieurs groupes reconnus et forte d’une importante tradition musicale, la région demeure un point de référence pour les amateurs de ce style musical.

« Lanaudière, c’est le numéro un au Québec », soutient Jean Desrochers.

Selon lui, l’intérêt des jeunes constitue l’un des aspects les plus encourageants du phénomène actuel. De nouveaux groupes formés de musiciens adolescents ou de jeunes adultes apparaissent dans la région, assurant ainsi une relève pour le milieu.

Cette présence accrue des jeunes est également observée par Le Père Tobin .

« C’est en montrant ça [sur les médias sociaux] que tu vas faire en sorte que tout le monde, dont les jeunes, écoute », affirme-t-il.

Pour plusieurs observateurs du milieu, les réseaux sociaux ont permis de moderniser l’image du folklore sans en modifier l’essence. Les plateformes numériques offrent désormais une vitrine à une culture qui se transmettait autrefois principalement dans les familles et lors d’événements locaux dans les villages.

Et contrairement à ceux qui considèrent la musique traditionnelle comme un vestige du passé, Jean Desrochers estime que son avenir est prometteur.

« Je trouve qu’elle est en constante progression », conclut-il.

Entre les salles combles, les jeunes musiciens qui prennent la relève et les vidéos qui deviennent virales, tout indique que le folklore a trouvé un nouveau souffle au Québec.

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