« C’est l’endroit où je peux être moi-même »

Photo gracieuseté
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D’aussi loin qu’il se souvienne, Eliott Bergeron a passé tous ses étés au Camp De-La-Salle à Saint-Alphonse-Rodriguez. De nombreux moments ont marqué son parcours, mais ce sont, avant tout, les rencontres qu’il y a effectuées qui l’ont fait grandir. Aujourd’hui connu sous le nom d’Ocelot, il souhaite transmettre de belles valeurs aux jeunes et devenir, à son tour, un modèle, comme ses moniteurs l’ont été pour lui.  

« Ils m’ont un peu enseigné la vie et m’ont appris le respect et la socialisation! En tant que moniteur, je veux également inspirer cette confiance auprès des campeurs, qu’ils sentent qu’ils peuvent toujours venir me parler, mais surtout, j’aimerais les aider à développer leur confiance en eux-mêmes », a mentionné le jeune homme de 18 ans.  

Ce dernier a commencé à fréquenter le camp lors de l’été de ses cinq ans. Depuis, l’endroit est devenu son « happy place ». « À l’école, je n’avais pas tant d’amis et je voyais le camp comme la ligne d’arrivée. Je savais que j’allais pouvoir être moi-même, retrouver mon monde, faire de la voile, être dehors tout le temps et avoir du plaisir! » 

Au fil des années, il a créé des liens forts avec plusieurs autres campeurs et certains d’entre eux font encore partie de sa vie. C’est notamment le cas de Ciboulette, qu’il a rencontrée lorsqu’il était jeune et avec qui il a vécu toutes ses années en tant que campeur. « Quand elle est revenue comme monitrice et que nous nous sommes retrouvés, nous avons recliqué exactement de la même façon que quand nous étions enfants! » 

S’il a décidé de devenir moniteur, c’est justement parce qu’il n’était pas prêt à perdre son havre de paix, mais aussi parce qu’il avait toujours idéalisé ce poste lorsqu’il était petit. « Je les voyais avoir du fun, c’était comme une job de rêve! Pour moi, ils étaient presque des surhumains, je les trouvais incroyables! Maintenant, je me rends compte que ce sont des gens normaux, comme moi », a rigolé celui qui commencera sa quatrième année à cet emploi.  

Dépassement de soi 

Plus jeune, il ne voyait pas, non plus, toutes les responsabilités qui viennent avec le rôle de moniteur. « À mon premier été, j’étais responsable de l’hébertisme, c’était un peu stressant! » Puis, les deux années suivantes, il s’est occupé de l’escalade. « J’aimais vraiment ça, je pouvais les aider à se surpasser! » Il se souvient d’ailleurs d’une petite fille avec qui il a travaillé, tout au long des deux étés, afin qu’elle soit capable de monter de plus en plus haut. « Finalement, à la dernière journée de la saison, elle a réussi à faire sonner la cloche au sommet du mur. Ça m’a touché, ça réchauffe le cœur quand ils réussissent! » 

Il a ajouté que cet emploi lui procure un grand sentiment de valorisation. « C’est un camp éducatif ici et on apporte plus aux campeurs que de juste jouer au ballon-chasseur! On leur apprend la socialisation, le travail d’équipe, le leadership et le dépassement de soi surtout. Ça me donne l’impression de faire quelque chose de plus grand que moi. » Son rôle de moniteur lui a aussi permis d’acquérir beaucoup de confiance en lui.  

Cet été, il changera de poste et sera désormais attitré à un groupe de campeurs. Même s’il s’agit d’une plus grande responsabilité, Ocelot a hâte de relever ce défi qui lui permettra de créer des liens encore plus significatifs avec les jeunes.   

Une grande fratrie  

En parallèle, Eliott complète son DEP en carrosserie et, comme quand il était plus jeune, il attend avec impatience que le 26 juin arrive. « J’ai juste hâte de retrouver toute la gang et rencontrer les nouveaux. » Il a renchéri en affirmant que les connexions entre les moniteurs, qui sont constamment ensemble, se créent rapidement et sont très fortes. « C’est sûr que, parfois, on se tape sur les nerfs, mais c’est vraiment comme une grande fratrie! » 

Parmi ses plus beaux souvenirs se trouvent notamment ces moments où tous les moniteurs sont réunis dans les chambres du grand pavillon avant de s’endormir. « Nous avons un couvre-feu à 23 h, mais il y a plusieurs anecdotes où nous ne l’avons pas respecté », a-t-il confié en riant.  

Les moniteurs se font aussi des activités en soirée. Ocelot se souvient d’une fois où ils s’étaient rassemblés, au coucher du soleil, près de la plage pour peindre tous ensemble ou, encore, les soirées passées près du feu ou les parties de volleyball, « ce sont de beaux moments! » 

Tout au long de l’année, les moniteurs tentent de se voir le plus possible, même s’ils sont, en majorité, éloignés les uns des autres. De son côté, Eliott habite tout près du camp et il aime s’y rendre, en dehors de la saison, pour y faire des petits travaux sur le terrain. « Je n’ai jamais vécu un été sans être au camp, alors je ne sais pas ce que ça fait et j’essaie de ne pas trop y penser non plus! Je sais que la vie change, mais dans l’idéal, je ferais encore plein d’autres étés ici! » 

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