Être parent dans les années 2020 n’a plus rien à voir avec ce que les générations précédentes ont connu. Augmentation de l’âge auquel les Québécois ont leur premier enfant, tension économique, conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, stress… autant de facteurs qui ont transformé le rôle de parent.
La famille québécoise et le concept de parentalité évoluent. C’est pourquoi, en 2022 et en 2025, l’Institut de la statistique du Québec s’est penché sur cette question en produisant l’Enquête québécoise sur la parentalité. Le dernier recensement de 2021 a aussi abordé cette question.
Il en ressort, dans un premier temps, que le nombre de familles au Québec avoisine les 2,3 millions selon le recensement. La taille moyenne de la famille était de 2,8 personnes avec 1,8 enfant en moyenne par famille. Sur ces 2,3 millions de familles, 1,9 million comptent un couple dont 500 000 sont mariés avec au moins un enfant et 400 000 en union libre avec au moins un enfant. Le Québec comptait aussi environ 380 000 familles monoparentales.
Mais revenons à l’Enquête québécoise sur la parentalité ayant eu pour cible les parents d’enfants de 6 mois à 17 ans vivant avec eux au moins 14 % du temps. Parmis tous les parents, 38 % sont dans la trentaine, 43 % dans la quarantaine et environ 12 % ont 50 ans ou plus. Un phénomène de vieillissement des parents de plus en plus présent dans la province et qui apparaît dans un contexte démographique où les naissances sont de moins en moins nombreuses.
Selon le Bilan démographique du Québec de 2025, le Québec a comptabilisé environ 77 400 naissances en 2024 soit une baisse de 0,7 % par rapport à 2023. « Cette diminution est de relativement faible ampleur, mais elle poursuit la tendance générale à la baisse du nombre de naissances depuis 2013 », explique le bilan. À noter que la famille à deux enfants reste encore majoritaire puisque 44,7 % des familles sont concernées alors que 34,4 % ont un seul enfant, 15,5 % ont trois enfants et 5,3 % ont quatre enfants ou plus.
Au-delà des chiffres, c’est aussi le modèle de la famille québécoise qui se transforme. Fini le modèle unique et vive la diversité des familles. Entre familles recomposées, familles monoparentales, familles homoparentales, familles issues de l’immigration… les possibilités sont nombreuses et l’Institut de la statistique du Québec donne quelques exemples.
En effet, environ 27 % des parents vivant au Québec sont nés à l’extérieur du Canada. D’ailleurs, toujours selon les données de l’Enquête québécoise sur la parentalité, 71 % des parents parlent principalement le français à la maison, tandis qu’une proportion importante utilise aussi l’anglais ou une autre langue. Autre fait intéressant : plus de la moitié des naissances surviennent aujourd’hui au sein de couples vivant en union libre. Finie donc l’époque où naissance rimait forcément avec mariage.
Enfin, si une grande majorité des familles visées par l’enquête sont encore des « familles intactes » (73 %), c’est-à-dire des familles composées d’un couple et d’enfants biologiques ou adoptés issus de l’union du couple, 17 % sont des familles monoparentales (dont 62 % de femmes monoparentales).
L’Enquête québécoise sur la parentalité 2022 s’est aussi penchée sur les émotions, les préoccupations et la perception du rôle des parents, ces derniers devant jongler entre emploi, responsabilités, situations financières… Ainsi, dans l’étude, plusieurs faits saillants ressortent des réponses des 19 127 parents participants :
Concernant la région de Lanaudière, certains chiffres sont à retenir. Ainsi, 19,4 % des familles sont monoparentales contre 69,8 % de familles intactes et 10,8 % de familles recomposées. Les familles y sont composées pour la majorité de deux enfants (43,8 %). On peut aussi noter que 30,6 % des familles de Lanaudière considèrent que « les discussions entourant l’utilisation des écrans causent des tensions et des conflits avec leurs enfants ».