« C’est inacceptable d’avoir une route dans cet état »

  • Publié le 9 juin 2026 (Mis à jour le 12 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Pierre Lahaie, maire de Berthierville, Louis Lalonde, Serge Cournoyer et André Villeneuve.
Photo gracieuseté
Pierre Lahaie, maire de Berthierville, Louis Lalonde, Serge Cournoyer et André Villeneuve. Photo gracieuseté

Une marche de sensibilisation s’est tenue à Lanoraie, le 30 mai dernier, afin d’exiger la réfection immédiate de la route 138. Des citoyens, des élus de la MRC de D’Autray et des représentants d’organismes étaient sur place afin de dénoncer l’inaction gouvernementale et de réclamer une route sécuritaire pour tous. 

« C’est inacceptable d’avoir une route dans cet état. C’est très dangereux et tout le monde nous le dit; les cyclistes, les automobilistes, les piétons, les ambulanciers et la Sûreté du Québec. La chaussée de ce tronçon est dans un état de dégradation extrême et c’est loin d’être une fierté face à nos citoyens et aux gens qui viennent nous visiter », a commenté le maire de Lanoraie, André Villeneuve, en entrevue avec le Journal.  

La marche de mobilisation s’est déroulée sur un parcours de 4 km. Les participants ont pris d’assaut l’artère nationale jusqu’au parc Jean-Bourdon où un point de presse s’est tenu. Parmi les gens présents se trouvaient notamment le chargé de projets Route verte de Vélo Québec, Louis Lalonde, ainsi que le président exécutif du Parti québécois dans Berthier, Serge Cournoyer.  

Ces deux invités ont également signé la déclaration commune, tout comme les représentants des 15 municipalités de la MRC de D’Autray. « Tous les maires ont signé, ce qui signifie un consensus absolu sur l’urgence d’agir », a ajouté M. Villeneuve. Cette déclaration commune, « Pour un Chemin du Roy digne de ce nom et une Route verte sécuritaire », demande un engagement du gouvernement avec un calendrier de réalisation. 

« Le message envoyé est limpide : le statu quo n’est plus une option. Ce n’est pas seulement la Municipalité de Lanoraie qui demande des comptes, c’est toute une région, appuyée par des partenaires majeurs, qui exige un échéancier précis pour des travaux majeurs. » 

Une portion sans assise  

M. Villeneuve a énoncé que, sur les 5 400 km de maillon cyclotouristique, il s’agit du seul segment, de 6.5 km, qui ne peut pas être considéré officiellement comme Route verte de Vélo Québec puisqu’il ne détient pas d’accotement en asphalte. Il a ajouté que ce même tronçon ne repose pas sur une assise, c’est-à-dire que la route n’a pas une fondation granulaire adéquate.   

« Il n’y a qu’environ 40 cm d’asphalte par-dessus un remblai datant de plusieurs décennies et en dessous de cela, c’est de l’argile. » Le maire a donc expliqué que le drainage est déficient et qu’en raison de la topographie adjacente, la route reçoit une grande quantité d’eau lors des pluies et de la fonte des neiges. « Elle se gorge d’eau et se brise lors des périodes de gel et de dégel. Si le gouvernement décide de mettre deux pouces d’asphalte, c’est comme mettre un pansement sur une jambe cassée. Il faut creuser et tout refaire dans les règles de l’art. » 

Le maire a ajouté que l’inaction du gouvernement représente un frein majeur au développement récréotouristique, économique et culturel de la région. « Quand les gens viennent nous visiter, ils finissent par passer par là tôt ou tard. On veut que le gouvernement nous dise quand il commencera les travaux et quand il les terminera. » 

Plus de 25 ans d’attente 

André Villeneuve a souligné que les démarches citoyennes et municipales se multiplient sans réponse satisfaisante. Un dépôt officiel avait été fait à l’Assemblée nationale du Québec en 2024 et une marche mobilisatrice s’était aussi tenue l’an dernier. « Il s’agit de la deuxième édition de cette marche et on ne veut surtout pas que ce soit un pèlerinage ou une tradition qui revient année après année! » 

Une rencontre, pour la même problématique, s’était aussi déroulée en 2001 en présence de plusieurs organismes et du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD). Ce dernier s’était engagé à faire un nouveau tracé et M. Villeneuve décrit les plans de celui-ci comme « magnifiques ». Toutefois, pour le réaliser, le Ministère devait obtenir des droits de propriété afin d’acquérir des portions de terrains en bordure de la route. Au total, M. Villeneuve estime le nombre d’immeubles touchés (maisons et terrains) à 180. « Depuis 2003, le MTMD a fait des acquisitions et a conclu des ententes de gré à gré avec 60 propriétaires. À ce rythme-là, ça ne sera jamais terminé avant 2065, ils doivent mettre le pied sur l’accélérateur! » 

Toutefois, le maire ne lance pas le blâme sur le Ministère qui « fait ce qu’il peut avec l’argent et les ressources qu’il a ». Il rejette plutôt la faute sur tous les gouvernements qui ont été au pouvoir. « Nous allons continuer de demander à la CAQ, au Parti libéral et au Parti conservateur de s’engager et de signer la déclaration commune comme l’a fait le Parti québécois, nous ne les lâcherons pas! Nous allons poursuivre les pressions et nous restons optimistes malgré tout! » 

 

Un registre d’appui officiel en ligne se trouve sur le site de la Municipalité (www.lanoraie.ca). Tous les citoyens, les usagers réguliers de la route 138 et les adeptes de transport actif sont invités à y apposer leur signature. Ce registre s’ajoutera à la déclaration signée par les dignitaires et sera transmis directement aux autorités gouvernementales.  

Articles les plus consultés

(Photo Médialo - Archives)
Actualités
Faits divers

Ameublement Riquier à Berthierville est la proie des flammes

Plus d'une vingtaine de pompiers ont affronté les flammes qui ont pris d'assaut le commerce Ameublement Riquier de Berthierville.
(Photo Médialo - Jason Joly)
Actualités

Des actions pour assurer la pérennité de l’aréna Joannie Rochette

Les municipalités qui font partie du comité intermunicipal de l’aréna Joannie Rochette ont annoncé des actions dans le dossier.
(Photo Adobe Stock)
Actualités

Début des travaux de parachèvement sur la rue Desjardins à Mandeville

Le parachèvement des travaux de réfection de la rue Desjardins, dans le noyau urbain de Mandeville, se déroulera jusqu'au 19 juin prochain.