Salle comble pour les portes ouvertes d’Hydro-Québec à Saint-Gabriel-de-Brandon

(Photo Médialo - Élise Brouillette)
(Photo Médialo – Élise Brouillette)

Les représentants d’Hydro-Québec étaient à Saint-Gabriel-de-Brandon, le 9 juillet, pour une soirée d’informations et d’échanges avec la population dans le cadre du projet d’implantation d’un nouveau poste à 735 kV. Le message transmis par l’assistance était clair, tant les élus que les citoyens souhaitent avoir une vision d’ensemble des objectifs de la société d’État, incluant les lignes projetées. Ils souhaitent qu’Hydro-Québec reprenne le processus de consultation depuis le début.

La rencontre visait, d’une part, à présenter les avancées du projet ainsi que les phases à venir, de même qu’à répondre aux questions du public. Des intervenants étaient également sur place afin de s’entretenir individuellement avec les citoyens qui ont des préoccupations ou des interrogations.

Le contexte qui mène au projet de nouvelle ligne à 735 kV, qui reliera la MRC de Portneuf et le poste Jean-Jacques-Archambault à Sainte-Julienne, et à la construction d’un poste dans la MRC de D’Autray a été présenté. Afin de répondre à la croissance de la demande énergétique, Hydro-Québec doit pratiquement doubler la capacité de son réseau d’ici 25 ans.

Harmony Khodamorad, cheffe de projet, a expliqué que les plans du poste dans la MRC de D’Autray ont été revus et que la diminution du nombre d’hectares requis a ouvert de nouveaux sites potentiels pour son implantation. Ainsi, les secteurs de Saint-Cuthbert et de Saint-Norbert ont été mis de côté et l’emplacement est maintenant prévu à Saint-Gabriel-de-Brandon.

« Ce sera un poste de sectionnement. Il n’y aura pas de transformation. On s’est rendu compte qu’on pouvait répondre aux besoins même si on diminuait les dimensions. La superficie du poste sera de 35 hectares au lieu de 100 hectares et nous allons demeurer près des emprises existantes », a souligné Mme Khodamorad. La phase de construction est prévue pour 2029-2033 pour une mise en service en 2032-2033.

Benoît Des Croisselles, chargé de projets – Environnement, a abordé les différents critères de localisation pour le poste aux niveaux technique, social, environnemental, agricole et forestier. Il a présenté les deux différents emplacements étudiés pour l’implantation du poste, soit le site A, à l’ouest de la route 347, dans un secteur plus agricole ainsi que le site B, près du chemin Saint-Edmond, en terrain plus forestier. M. Des Croisselles a déclaré que le secteur Saint-Edmond est privilégié puisqu’il permet d’éviter le territoire agricole protégé, de s’éloigner du milieu bâti, de limiter l’impact sur les érablières et qu’il entraîne un faible empiètement en milieu humide.

« Nous pensons que ce sont de bons emplacements, mais nous voulons recueillir vos préoccupations et peaufiner nos connaissances sur le terrain. Vos commentaires vont nourrir nos analyses », a-t-il expliqué à l’assistance.

Parmi les critères pour le poste, il y a le fait de prévoir de l’espace pour accueillir deux futures lignes, une vers le sud et une en provenance du nord. Cet élément était d’ailleurs omniprésent lors des interventions de la période de questions.

« Nous voulons un éclairage sur l’ensemble de l’œuvre! Il est impensable de parler d’acceptabilité sociale tant que cette condition ne sera pas remplie », a déclaré Marc-André Toupin, au nom du comité citoyen Vigilance Brandonnie.

Les représentants d’Hydro-Québec ont souligné qu’aucun tracé n’existait pour les lignes à venir, mais que les pratiques de la société d’État sont de longer les infrastructures existantes.

L’un des citoyens présents a toutefois plaidé pour l’importance d’avoir une idée des tracés éventuels des futures lignes, même si ce n’est pas exhaustif. « Avoir une vision globale, c’est important. Nous avons des rêves et des projets. Si nous avions une idée d’où les lignes pouvaient passer, nous pourrions évaluer les risques et aller de l’avant avec nos vies. »

Une autre citoyenne, Louise Morand, a déclaré que selon elle, les véritables enjeux sont les orientations prises par la direction d’Hydro-Québec et l’absence de plan de transition énergétique.

Soulignons que les intervenants de la société d’État se sont engagés à fournir des données sur les lignes à être construites, projet qui viendra une fois la construction du poste terminée. Ils ont aussi confirmé aux citoyens que ses dimensions ne permettraient pas de faire de transformation.

Marc-André Toupin lors de son intervention. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

Prise de position unanime à la MRC de D’Autray

La veille de la rencontre, le conseil des maires de la MRC de D’Autray a adopté, de façon unanime, une résolution qui demande à Hydro-Québec de suspendre son projet de nouvelle ligne 735 KV et la construction d’un nouveau poste à Saint-Gabriel-de-Brandon.

D’ailleurs, les maires Mario Frigon (Saint-Gabriel-de-Brandon), Gaétan Gravel (Ville de Saint-Gabriel) et Sonia Desjardins (Saint-Norbert) étaient présents lors des portes ouvertes d’Hydro-Québec. Louise Beaudry, membre du comité citoyen Vigilance Brandonnie, a fait une lecture publique de ladite résolution.

Les élus exigent que la société d’État « recommence le processus de consultation relatif à la nouvelle ligne et à la construction d’un poste sur le territoire de la MRC de D’Autray, en présentant de façon détaillée l’ensemble du projet, incluant le tracé des deux éventuelles nouvelles lignes dont le poste projeté doit assurer l’interconnexion ». Ils souhaitent aussi que « dans le cadre d’une nouvelle consultation, il soit présenté de façon transparente l’ensemble des études et analyses d’impact et qu’une démonstration claire de la nécessité de ce projet soit faite ».

Rappelons qu’au départ, les sites visés pour la construction du poste, qui permettra l’interconnexion de la nouvelle ligne à 735 kV de même qu’une ligne existante se situaient dans les municipalités de Saint-Cuthbert et de Saint-Norbert. Les consultations menées par Hydro-Québec ont été suspendues à l’automne 2025 et lors de leur reprise au printemps 2026, la société d’État a annoncé que le projet avait changé et que le poste était dorénavant prévu à Saint-Gabriel-de-Brandon.

« La Municipalité de Saint-Gabriel-de-Brandon a été informée que le poste projeté n’avait plus pour objectif d’assurer l’interconnexion de la nouvelle ligne et d’une ligne existante, mais plutôt d’assurer l’interconnexion de la nouvelle ligne et de deux éventuelles lignes haute tension, l’une se dirigeant vers le sud et l’autre vers le nord », mentionne le libellé de la résolution. Le conseil des maires affirme que le tracé de ces deux éventuelles lignes ne serait pas déterminé à ce jour, mais que celles-ci auront assurément un impact important sur le territoire d’autréen. C’est pourquoi il juge inacceptable qu’Hydro-Québec tienne des consultations sur l’emplacement du poste sans présenter les impacts liés à la construction des deux éventuelles lignes.

Lors des portes ouvertes, les représentants d’Hydro-Québec venaient tout juste de prendre connaissance de la résolution, qui sera transmise aux dirigeants de la société d’État.

Les représentants d’Hydro-Québec qui étaient présents à Saint-Gabriel-de-Brandon. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

 

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